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Tous les éditos > Homélie 17e dimanche ordinaire C (23 juillet 2016) - Banneux, Départ du néo-catéchuménat aux JMJ de Cracovie (23/07/2016)


 


Homélie 17e dimanche ordinaire C


(23 juillet 2016)


Banneux, Départ des JMJ pour Cracovie


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


Chers Jeunes du Chemin néo-catéchuménal,


 


Vous voilà prêts à partir. Les bagages sont faits, les cars sont prêts à partir pour Cracovie ! Vous vous engagez dans une belle aventure, faite de rencontres et de découvertes. Une rencontre des autres et une rencontre de Jésus. Vous vous rendez à Cracovie pour rencontrer aussi le Seigneur Jésus. Un pèlerinage a toujours pour objectif une rencontre avec le Seigneur, à travers des saints, ou à travers une communauté, ou à travers un sanctuaire bien connu, ou à travers une personnalité religieuse, comme le pape François.


 


La démarche des JMJ est an particulier une démarche de prière. C’est ce que nous montre l’évangile de ce jour (Lc 11,1-13). Les disciples de Jésus lui demandent : apprends-nous à prier. Ils ont justement vu Jésus prier intensément et ils voudraient entrer dans le secret de la prière de Jésus. Jésus va leur dire alors la prière qui lui tient à cœur et qu’il nous propose. Nous l’entendons aujourd’hui dans l’évangile de Luc, où elle plus courte que dans l’évangile de Matthieu.


 


La prière chose que Jésus leur répond, c’est de s’adresser à Dieu par le mots : « Père ». En hébreu, « abba », qu’on peut traduire aussi par « papa ». C’est peut-être un peu familier, mais cela correspond à l’expérience de Jésus : Dieu est proche comme un père, il est bon comme un père pour son enfant. Mais tout de suite, Jésus ajoute : « Que ton nom soit sanctifié ». C’est-à-dire que le nom de Dieu, « père », n’est pas seulement un nom qui signifie la proximité, c’est aussi un nom qui signifie la sainteté, c’est-à-dire, littéralement, la « mise à part », le mystère, la grandeur, la consécration. Dieu est donc tout proche comme Père et tout grand comme saint. Cette sainteté n’est pas reconnue partout, au contraire. C’est pourquoi Jésus dit : « Que ton nom soit sanctifié ». C’est un souhait, un espoir. Encore aujourd’hui le nom de Dieu n’est pas sanctifié partout, il est plutôt oublié, alors qu’il nous unit tous dans sa sainteté et dans sa paternité, car nous sommes tous ses enfants et nous sommes tous des êtres sacrés, consacrés, chacun différente de l’autre.


 


La suite de la prière que Jésus apprend à ses disciples est : « Que ton règne vienne ». Remarquez que cette demande n’est pas une demande pour nous ou pour satisfaire nos désirs personnels. C’est une demande pour Dieu et pour satisfaire les attentes de Dieu. On espère que ses désirs à lui, c’est-à-dire la venue de son règne, se réalisent ; on se met dans la peau de Dieu et on se dit : qu’est-ce qu’il aimerait bien ? Il aimerait que son règne d’amour s’étende ! Alors demande-le ! C’est une demande pour toute l’humanité, pour le bien de chaque homme. Notre prière doit donc s’étendre d’abord aux besoins de tous. C’est une prière qui concerne aussi le futur, qui est marquée par l’espérance.


 


Puis la prière se tourne vers nos besoins à nous. C’est pourquoi Jésus ajoute une autre demande : « Donne nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin pour chaque jour ». Nous demandons au Seigneur la base de notre vie, notre nourriture, notre pain quotidien. Nous le demandons pour notre sécurité et pour notre développement personnel, notre croissance.


 


Ensuite nous demandons au Seigneur de pardonner nos péchés. Nous nous rendons compte de nos faiblesses et des torts que nous faisons aux autres. Vous allez peut-être me dire : moi je ne fais pas beaucoup de torts aux autres. Mais j’ajouterai qu’il y a tous les péchés d’omissions, il y a tout ce que nous ne faisons pas. Pensez aux centaines de personnes qu’on a retrouvées mortes dans un navire en Sicile. Ce sont des réfugiés qui ont péri dans un incendie du bateau. C’est tragique. Qu’est-ce que j’en peux, direz-vous ? Mais je répondrai : chacun de nous est un peu responsable du mal qui se fait sur terre, à cause de notre indifférence. Donc demander pardon, c’est aussi avancer sur le chemin de la conversion, vers une vie plus responsable.


 


La dernière demande est : « ne nous soumets pas à la tentation ». Il faut entendre : « Fais que nous ne soyons pas soumis à la tentation ». Nous demandons à Dieu de nous garder de la tentation, du mal qu’on pourrait faire, parfois inconsciemment.


 


« Demandez, on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez », ajoute Jésus. Il est important de faire le premier pas, de désirer quelque chose de chercher qch dans sa vie, de ne pas être indifférent. Alors le Père nous donner l’Esprit Saint si nous le demandons. Il ne nous donnera pas n’importe quoi, surtout pas qch qui nous ferait du mal. Mais il nous donne toujours l’Esprit Saint, qui nous permet d’être animé de sa vie et de son souffle, et d’être proches du souffle des autres.


 


Chers Frères et sœurs, chers jeunes, nous avons reçu ainsi une parole spirituelle, qui nourrit notre vie spirituelle, notre vie sociale, notre vie relationnelle.


 


Eh bien, voilà notre mission au cours de ce pèlerinage des JMJ à Cracovie : soyons capables d’écouter dans notre cœur des paroles de Dieu, des paroles des frères et sœurs, des paroles du pape ! Soyons capables de prier Dieu et de dire des paroles qui touchent les autres et qui les éclairent !


 


Merci Seigneur pour ce message de joie et de confiance que tu nous donnes aujourd’hui !


Merci de nous offrir une prière qui touche notre cœur ! Aide-nous à t’accueillir de tout cœur ! Amen ! Alléluia !


 


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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