Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Les 100 ans du Fort de Loncin (15/08/2014)


Chers Frères et Sœurs,


 


Voilà cent ans, le fort de Loncin explosait après une résistance acharnée contre l’envahisseur. La logique de la guerre submergeait le continent européen et allait s’étendre à toute la terre. Le désir d’expansion entraînait toutes les nations à risquer l’aventure de la guerre. Peu de monde se rendait compte des atrocités que cela allait engendrer. Mgr Ackermann, l’évêque de Trèves, que j’ai invité à célébrer la messe à Liège le 3 août dernier, en signe de paix et de réconciliation disait ceci : « En Allemagne, les évêques, eux aussi, voyaient dans la guerre la chance d’un renouvellement moral et spirituel. C’est ainsi que quelques jours après le début de la guerre, l’évêque de Spire déclarait : «Le long temps de paix dont nous avons joui a fait de nous des enfants gâtés.» Il était persuadé qu’en temps de paix les disputes et les conflits augmentent dans les familles et la société. Il attendait de la guerre extérieure une reprise intérieure[i]. » Heureusement d’autres voix se montrèrent plus clairvoyantes. Ainsi le pape Pie X, qui mourut au tout début de la guerre, le 20 août 1914, disait : «Presque toute l’Europe est entraînée dans les tourbillons d’une guerre qui ne pourra apporter que le malheur. Personne ne peut entrevoir, même furtivement, les dangers, les catastrophes et les conséquences qu’elle entraînera, sans être saisi de douleur et d’épouvante». Son successeur Benoit XV, entreprit une démarche de paix, par sa lettre du 1er aout 1917 aux chefs des peuples belligérants, il suggéra des modalités de solution du conflit, en particulier le rétablissement de la Belgique dans l’intégralité de son territoire, et demanda « la fin de cette lutte terrible, qui s’avère chaque jour davantage un massacre inutile ! » Seul l’empereur Charles Ier d’Autriche accepta d’entrer dans la démarche de paix.


Aujourd’hui nous mesurons mieux les drames de la guerre et spécialement ici à Loncin, face aux victimes qui périrent dans l’explosion du fort. Quand j’étais enfant, j’aimais venir ici à vélo, depuis mon village d’Awans, pour regarder le monument et contempler les ruines du fort. Mais je ne comprenais pas encore bien les drames qui s’y cachaient. Aujourd’hui nos démarches de mémoire nous font mieux comprendre l’héroïsme des défenseurs de Liège et leur dévouement à la cause de l’indépendance de la Belgique. Nous comprenons mieux aussi les raisons des guerres actuelles.


Aujourd’hui encore des nations sont emportées par l’esprit de violence et d’égoïsme. Des guerres cruelles affligent la Syrie, Israël et Gaza, et surtout l’Iraq, où plusieurs centaines de milliers de chrétiens et de Yazidis ont dû abandonner leur maison et fuir au désert pour échapper aux djihadistes. « Des personnes ont été massacrés pour la seule raison de leur appartenance religieuse. Il s'agit d'une offense d'une extrême gravité envers l'humanité et envers Dieu », comme l’a dit mercredi 13 août le cardinal Tauran. Le pape François ajoutait, à l’Angelus du 20 juillet : « Nos frères sont persécutés. Ils sont chassés. Ils doivent laisser leurs maisons sans pouvoir rien emporter avec eux. A ces familles et à ces personnes je veux exprimer ma proximité et mes prières constantes. »


Heute sind die Nationen krank, besonders im Mittleren Osten. Papst Franziskus sagte am 20. Juli:  « Unsere Brüder und Schwestern werden verfolgt, sie werden verjagt, sie müssen ihre Häuser verlassen, ohne etwas mitnehmen zu können. Diesen Familien und diesen Menschen möchte ich meine Nähe und mein beständiges Gebet bekunden ».


Vandaag zijn de naties ziek, in ‘t bijzonder in het Midden-Oosten. Zo zei paus Franciskus op 20 juli : « Onze broeders worden vervolgd, worden verjaagd, moeten hun huizen verlaten zonder iets met zich mee te kunnen nemen. Ik wil deze gezinnen en deze personen de verzekering geven van mijn nabijheid en van mijn aanhoudend gebed. »


Le message chrétien est clair : les lectures de cette messe l’ont souligné clairement. Il faut s’engager sur les chemins de l’amour mutuel et même de l’amour des ennemis. Il faut faire le pari du dialogue et de la paix. Le laboratoire belge est aussi un creuset de paix et l’Union européenne en est un autre.


C’est pourquoi le pape François nous demande tout spécialement de prier en ce 15 août pour les populations victimes de la violence en Irak et au Moyen Orient :  « Puisse le Dieu de paix susciter en tous les cœurs un authentique désir de dialogue et de réconciliation. La violence ne peut être vaincue par la violence. La violence n’est vaincue que par la paix! Prions en silence, implorons la paix. Marie, Reine de la paix, priez pour nous! ».


 


Auch Papst Franziskus wünscht, dass wir beten und den Nächsten aufnehmen: « Der Gott des Friedens erwecke in allen ein echtes Verlangen nach Dialog und Versöhnung. Gewalt besiegt man nie mit Gewalt. Gewalt besiegt man mit dem Frieden! Beten wir in Stille und bitten wir um den Frieden; Maria, Königin des Friedens, bitte für uns! »


Pope Francis proposes us also to pray and to welcome :  « May the God of peace create in all an authentic desire for dialogue and reconciliation. Violence is not conquered with violence. Violence is conquered with peace! Let us pray in silence, asking for peace; Mary Queen of peace, pray for us! »


Ook paus Franciskus stelt ons voor te bidden en te verwelkomen :  “Moge de God van vrede in alle harten een oprecht verlangen doen leven naar dialoog en verzoening. Geweld wordt niet overwonnen met geweld. Geweld wordt enkel overwonnen door vrede! Laat ons bidden, smeken om vrede, Maria, Koningin van de vrede, bid voor ons!”


La prière débouche sur l’accueil et sur la rencontre : elle nous pousse à accueillir nos frères victimes de la maladie, de la souffrance, de la guerre et de l’exil, pour soulager leurs souffrances. En cette fête de l’Assomption de Marie, ayons confiance dans le message évangélique, que Marie a suivi avec foi. Mettons-nous sur ses traces et soyons des artisans de paix dans le monde d’aujourd’hui !






[i]Cf. M. Lätzel: Die katholische Kirche im Ersten Weltkrieg. Zwischen Nationalismus und Friedenswillen, Regensburg 2014, 105ss.





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