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Homélie Christ Roi


20 novembre 2016 C


Conclusion de la visite pastorale au doyenné de Liège (Rive gauche)


Jean-Pierre Delville


 


Chers Frères et Sœurs,


C’est une grande joie pour moi de conclure ma visite pastorale au doyenné de Liège (rive gauche) par cette célébration dans la cathédrale.


 Cette visite a été un moment très intense, en particulier grâce aux rencontres que j’ai pu faire avec différents groupes d’Église, comme les responsables des Unités pastorales (les prêtres, les diacres et les équipes pastorales et les équipes-relais), les visiteurs de malades et les aumôniers d’hôpital, les catéchistes, les équipes liturgiques, les membres des fabriques d’église et des asbl paroissiales, les jeunes universitaires et les mouvements ecclésiaux. J’ai rencontré aussi des groupes du monde chrétien, mais qui ne dépendent pas directement du diocèse comme les services sociaux d’inspiration chrétienne, les écoles primaires libres catholiques, en la personne des instituteurs et des PO, en particulier ceux de l’école S.-Louis de Sclessin et ceux de l’institut S.-Paul (qui fêtait ses 175 ans), les religieux, les syndicats et les mutualités chrétiennes, avec le MOC, le public du Grand Liège et les paroissiens de base dans une soirée de discussion à Ste-Foy et une conférence à S.-Martin. Vous voyez que votre nouveau doyen, le chanoine Jean-Pierre Pire, ne m’a pas laissé chômer ! Il est vrai que le doyenné de Liège (Rive gauche) compte environ 125 000 habitants et beaucoup d’initiatives. J’ai vu des grandeurs et des faiblesses, de belles réalisations, des originalités, mais aussi des conflits et des défections. En tout cas, ma visite a suscité des rencontres passionnantes et stimulantes ; elle a permis à de nombreux secteurs de se rencontrer par doyenné, elle a soulevé des questions intéressantes et fourni des pistes de réponses, spécialement pour avancer dans la constitution des Unités pastorales et pour s’épauler les uns les autres, entre différentes parties du doyenné.


 Cela tombe bien de clôturer cette visite avec la fête du Christ Roi, qui nous invite à considérer le règne de paix que le Christ veut instaurer sur terre avec notre collaboration. Comme l’a écrit saint Paul dans sa lettre aux Colossiens, «  Le Christ est aussi la tête du corps, la tête de l’Église ». Nous formons donc le corps du Christ.


Une religieuse me posait hier soir, à ce sujet, la question suivante : « Est-ce que nous devons mettre m’accent sur notre vie communautaire ou sur notre vie apostolique ? »  C’est une bonne question, car on ne peut pas déserter les communautés, mais on ne peut pas non plus négliger l’engagement concret. Saint Paul précise en effet dans sa lettre aux Colossiens que le Christ est « la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel » (Col 1,20). Donc l’objectif du Christ est d’être au service du monde et d’y établir la paix.


 Ainsi apparaît la dimension de mission qui nous est confiée. Comme chrétiens, nous devons vivre une communauté ; mais celle-ci est destinée à se mettre au service de l’humanité ; la fête du Christ roi de l’univers, c’est la fête d’un rêve pour toute l’humanité : le rêve d’une civilisation de l’amour, comme disait le pape Jean-Paul II.             Son successeur le pape François est allé dans le même sens en lançant l’année jubilaire de la miséricorde. Ce 20 novembre, il clôture cette année jubilaire de la miséricorde et ferme la porte sainte de la basilique saint Pierre. Pendant toute une année, nous avons pu vivre cette intuition de la miséricorde, ce don de l’amour gratuit, qui nous est donné par Dieu et qui doit animer toute la vie humaine. À l’occasion de cette fête, la Belgique est mise à l’honneur puisque notre archevêque, Mgr Jozef De Kesel est créé cardinal par le pape à Rome à l’heure qu’il est. Ainsi donc, dans la ville des apôtres Pierre et Paul, notre cardinal va donc être associé au gouvernement de l’Église universelle. C’est une mission qui rejaillit sur nous. Chaque chrétien doit en effet être au service de toute l’humanité.


 C’est pourquoi aujourd’hui nous sommes dans l’action de grâces. En particulier pour la visite pastorale accomplie et pour tous ceux qui y ont collaboré activement et qui sont très nombreux. Je les remercie de tout cœur. Nous sommes dans l’esprit de cette fête du Royaume de Dieu, de la royauté du Christ, qui est déjà là et pas encore accomplie. Quand Jésus meurt sur la croix comme un roi dérisoire, tout semble raté et voué à l’échec. Mais quelqu’un garde espoir : c’est le larron qui lui dit : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton royaume ». Et Jésus a cette célèbre réponse, qui ouvre l’avenir : « Aujourd’hui, avec moi tu seras dans le Paradis » (Lc 23,42-43). Au cœur de l’échec, il y a l’espérance.


 Même si notre vie est ratée, nous pouvons nous retourner vers le Christ et l’entendre nous dire, les paroles adressées au bon larron : « Aujourd’hui avec moi, tu seras dans le paradis ». Donc chacun de nous peut continuer à construire le royaume des cieux, quels que soient ses qualités et ses défauts.


 Les paroles de défi : « Sauve toi, toi même » sont dépassées (Lc 23,39). Jésus est au-delà des échecs, il est, nous dit saint Paul, l’image du Dieu invisible, « il est avant toute chose et tout subsiste en lui » (Col 1,15). C’est avec cette conviction mystérieuse ancrée dans notre cœur que nous le célébrons et que nous sommes envoyés en mission, afin de promouvoir « la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel ». Amen ! Alleluia !


 


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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