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Tous les éditos > Homélie pour les funérailles de l’abbé Joseph Cassart, 8 mars 2017, Vaux-sous-Chèvremont (09/03/2017)


 


Homélie pour les funérailles de l’abbé Joseph Cassart


Vaux-sous-Chèvremont, 8 mars 2017


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


 


« Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » (1 Jean 3,14). Cette phrase de la première lettre de saint Jean, que l’abbé Joseph Cassart a choisie pour lecture à sa messe de funérailles, nous dit bien tout le sens de sa vie. Alors qu’aujourd’hui, nous sommes dans la tristesse parce que Joseph est passé de la vie à la mort, il nous rappelle l’idée inverse : il nous dit que, par l’amour, nous passons de la mort à la vie. Et il a voulu tout tabler sur cette foi durant sa vie terrestre. C’est ce qu’il appelait « la charité pastorale », comme il l’a écrit dans son article Jalons pour une spiritualité du prêtre diocésain, paru dans l’ouvrage théologique et pastoral qu’il avait patronné pour les 400 ans du Séminaire en 1992, intitulé Le semeur sortit pour semer (p. 65). Cette charité pastorale, il l’a exercée durant toute sa vie. Dans son article sur La formation au ministère presbytéral aujourd’hui, paru dans l’ouvrage historique sur le Grand Séminaire de Liège, il écrivait : « L’apôtre doit pouvoir porter la croix à la suite du Christ, mais il y a aussi la lumière du matin de Pâques. Notre vie est pascale » (p. 203). C’est ce message de Pâques que Joseph nous laisse en ce début de Carême. Et toute la tristesse que nous ressentons à ce départ fait place à la reconnaissance et à l’espérance. Ce que Joseph a semé a grandi et grandira encore. Il l’a suggéré dans l’évangile qu’il a choisi pour cette célébration, où Jésus dit : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12,24).


 


Joseph Cassart est né à Seny le 2 août 1938, il a été ordonné prêtre le 8 juillet 1962 à Liège, il est décédé à Montegnée ce 3 mars 2017. Alors qu’il était originaire du Condroz, l’abbé Cassart n’y a jamais été en service pastoral. Il a été vicaire à Loncin de 1962 à 1969, un lieu où il a largement contribution à l’animation spirituelle des mouvements de jeunesse et où il s’est fait remarquer pour ses qualités d’accompagnement des jeunes. C’est ainsi que, de 1969 à 1977, il est devenu aumônier régional de la JEC (Jeunesse étudiante chrétienne) et responsable du CRJC (Conseil régional des jeunes chrétiens, qu’il a contribué à fonder et qui continue aujourd’hui sous le nom de SDJ, Service diocésain des jeunes). « Il a marqué des centaines sinon des milliers de jeunes, dans les années 60 et 70, par son engagement dans les mouvements de jeunes, en particulier là où il a été vicaire », a écrit hier l’abbé Alphonse Borras dans un communiqué de presse.


De 1977 à 1982, Joseph est devenu aumônier du Service national des vocations et curé d’Avennes et de Braives en Hesbaye. C’est alors que Mgr Guillaume-Marie van Zuylen le choisit pour ré-ouvrir le séminaire de Liège, dont il fut président de 1982 à 1994. Puis Mgr Houssiau le nomma recteur du sanctuaire de Banneux, fonction qu’il exerça de 1994 à 2008. Ce sont deux périodes fastes de l’activité de Joseph. À ce sujet, qui mieux que Mgr Houssiau lui-même pourrait décrire l’apostolat de Joseph ? Je me réjouis donc de vous transmettre le message qu’il m’a écrit hier et auquel je m’associe avec joie, car j’ai été embarqué personnellement dans l’aventure de la reprise du Séminaire en 1982, comme professeur de théologie fondamentale :


 


« Dès le premier moment de mon arrivée à Liège, écrit Mgr Houssiau, je tins à confirmer l'abbé Joseph Cassart dans la formation des futurs prêtres et la direction du séminaire récemment réinstallé à Liège par Mgr van Zuylen. Le haut niveau de sa vie spirituelle et son grand savoir-faire d'animation des jeunes étaient un gage pour la formation de ceux qui sont aujourd'hui la force vive de notre diocèse. Il sut par une convivialité quotidienne avec les séminaristes susciter le zèle pour les priorités pastorales du diocèse d'aujourd'hui, tout en étant conscient des grands défis à venir. Il faisait pleine confiance à l'équipe des formateurs et des professeurs, sans s'immiscer dans leur discipline. Il avait hérité de ses parents la bonhommie et le sens de l'efficacité, le sens paysan, comme il disait lui-même; mais il leur devait aussi une foi solide et une charité sans condition qui lui permettraient de traverser les plus grandes épreuves.


Fidèle à la tradition eucharistique et mariale de Liège, il mit [ensuite] toutes ses qualités dans l'animation du sanctuaire de la Vierge des pauvres. Il suscita un renouveau des triduums et s'acquit la collaboration d'une équipe de prêtres, diacres et laïcs; mais il veilla à organiser l'aspect matériel et financier de Banneux, grâce à la collaboration de gens compétents, en clarifiant la responsabilité des associations chargées distinctement de l'action pastorale et de la structure des bâtiments. Il mit tout son zèle à la clôture de l'année eucharistique et aux multiples activités du jubilé des apparitions. Ce fut un réel succès. Mais il ne faut pas oublier l'activité journalière qui ne lui laissait aucun répit. La Vierge des pauvres accueille aujourd'hui un serviteur fidèle de son Fils Jésus. Albert HOUSSIAU ».


 


En effet, le jubilé des 75 ans des apparitions de Banneux fut fêté en 2008, sous l’épiscopat de Mgr Aloys Jousten et avec l’impulsion de l’abbé Cassart. J’ajouterai à cela que beaucoup de communautés de religieuses et de mouvements spirituels ont eu Joseph comme aumônier ou comme conseiller ; il a aussi accompagné spirituellement un grand nombre de personnes. J’ai reçu de nombreux témoignages à ce sujet ces jours-ci. En outre il a été responsable du diaconat permanent pendant sa mission à la tête du Séminaire.


 


Depuis sa retraite en 2008, Joseph était prêtre auxiliaire de l’Unité pastorale Notre-Dame-des-Sources à Chaudfontaine et membre de l’équipe de visiteurs des prêtres malades ou âgés. Il n’arrêtait pas ses activités. Son geste le plus machinal, c’était de… sortir son agenda de sa poche… pour vous donner un rendez-vous, ou vous fournir une information précise, ou s’engager pour un service. Il prenait son temps pour vous écouter. Et avant de vous répondre, il vous souriait, vous regardait d’un air complice et sortait alors son expression favorite, demeurée célèbre : « Si tu veux, tu vois,… », qui lui donnait le temps de réfléchir à ce qu’il devait vous dire de plus juste !


 


Comme l’écrit l’abbé Pierre Hannosset sur le site de l’UP : « Il nous laissera l’image d’un saint prêtre qui s’est dévoué à la tâche dans toute notre Unité pastorale. Il était proche de chacun, son regard était transparent, sa poignée de main ferme, son humilité exemplaire ». Concluons par le mot d’un internaute qui écrit un commentaire sur internet au sujet de l’abbé Cassart : « J'en garderai le souvenir d'un Pasteur discret, attachant et fondamentalement bienveillant. Il offrait une écoute attentive et réconfortante ».


 


Merci, Joseph ! Va en paix ! Amen !



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