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Tous les éditos > Homélie du 33e dimanche C - Confirmations à Herve par Jean-Pierre Delville le 13 novembre 2016 (13/11/2016)


Homélie 33e dimanche C


Confirmations à Herve


Jean-Pierre Delville


13 novembre 2016


  


Chers Frères et Sœurs,


Chers Confirmands,


  


L’évangile d’aujourd’hui peut nous perturber et nous mettre mal l’aise (Lc 21,5-19). Jésus parle de jours futurs où il y aura des guerres et des soulèvements, des épidémies et des tremblements de terre. Il est vrai que, depuis l’époque de Jésus, il y en eu des guerres et des catastrophes, des injustices et des épidémies ! Encore aujourd’hui, notre monde souffre de la guerre en Syrie et en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Mais il y a aussi des guerres chez nous : des guerres en famille, où, plus qu’autrefois on est divisé et perturbés.


Et nous avons aussi nos guerres intérieures. Chacun de nous vit des perturbations et des divisions internes. Parfois pour des raisons objectives : pour des raisons de santé, de profession, ou des raisons affectives ; mais parfois pour des raisons personnelles subjectives : notre équilibre de vie, nos motivations, nos peurs….


Quand nous sommes ainsi dans les tracas, nous avons l’impression que nous sommes plongés dedans pour toujours. Nous pensons : pourquoi est-ce que Dieu permet tout cela ? C’est comme quand nous sommes en voiture sur l’autoroute et qu’on est plongé dans l’orage ou dans le brouillard : on ne voit pas la fin ; on a l’impression qu’on y est pour toujours.


 


Mais le malheur n’est pas la fin de tout. Face à tout cela, Jésus nous dit : « Ne soyez pas terrifiés. Ce ne sera pas aussitôt la fin ». Toutes ces choses ne sont pas la fin de tout. La fin, le but, c’est Jésus lui-même. Il nous dit : « Pas un cheveu de vos têtes ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous serez garderez votre vie ». La persévérance, c’est-à-dire la foi. Car Jésus vient à notre rencontre : « C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer ». Jésus est au bout du chemin.


 


Dans les lettres que vous m’avez écrites, vous les confirmands, je découvre l’importance de cette démarche de foi. J’y ai lu différents témoignages de foi.


« Je suis dans une phase de questionnement par rapport à Dieu », écrit quelqu’un.


« Je sais que Dieu est là, qui veille sur moi, sur nous, et que je pourrai toujours me confier à lui », écrit un autre.


« Grâce à la foi, j’ai quelque chose à quoi me raccrocher en cas de doutes ou de difficultés. J’ai une épaule sur laquelle m’appuyer. Pour moi Dieu est le sommet, c’est le but qu’on doit atteindre. » Cette dernière phrase me paraît spécialement d’actualité : elle nous dit que Dieu est au bout de la route, il est le but de notre vie, il nous permet de surmonter les obstacles que nous rencontrons. Ce jeune ajoute : « La foi me permet aussi de m’orienter dans mes choix, qui sont nombreux à mon âge ».


 


La foi n’est pas seulement une conviction, elle aussi une action et un engagement. Cela apparaît bien dans plusieurs de vos lettres. Une jeune fille écrit : « Je suis partie à Lourdes avec le groupe ABC. Je me suis retrouvée avec des jeunes. On voulait proposer notre aide à des personnes dans le besoin. C’était l’une des plus belles expériences de ma vie ». Une autre ajoute : « Je souhaite que Dieu m’aide à ouvrir davantage mes yeux sur le monde. »


 


L’outil de la foi, c’est la communauté, car on ne croit pas en restant chacun dans on coin. Un jeune écrit : « À travers de belles rencontres, de belles activités, que nous avons vécues lors de notre cheminement à la confirmation, tels que les témoignages des personnes actives, s’engageant pour les autres et qui sont des exemples, on reçoit des inspirations pour nous tous ». « J’ai également rencontré de merveilleuses personnes », ajoute quelqu’un. C’est l’expérience des apôtres à la Pentecôte : ils sont restés ensemble et ils ont vaincu leur peur (Ac 2,1-8).


 


C’est pourquoi, nous chrétiens, face à la peur ambiante, nous avons un message de confiance. C’est aussi la force de la prière, qui nous unit à Dieu et à nos frères dans le besoin. « Les histoires présentes dans les évangiles nous amènent à la paix envers les autres mais également avec soi. Prier, remercier Dieu, m’apaise et me fait prendre confiance en moi », écrit quelqu’un.


 


Jésus nous invite à témoigner. Ainsi quand nous avons vécu une belle chose pour notre foi, par exemple cette célébration, nous devons en parler autour de nous. C’est aussi le cas des apôtres à la Pentecôte.


 


Pour cela, les jeunes d’ici vont être confirmés. Ce mot « confirmé », du latin confirmari, veut dire en fait  « affermi », « rendu fort ». C’est le contraire d’être « infirme » ; c’est être « ferme ». La confirmation rend ferme, rend fort dans la foi, grâce au don de l’Esprit. Alors entourons ces jeunes par notre présence fortifiante et par notre prière. Nous sommes tous des témoins les uns pour les autres, et la présence des parrains et des marraines le dit clairement.


Vous les jeunes, vous n’êtes pas seuls dans la vie : vos parrains et marraines, vos parents, vos grands-parents, vos frères et sœurs, vos catéchistes, vos prêtres sont comme des anges auprès de vous, ils constituent la communauté de foi et représentent le Christ, qui nous aide et nous écoute. Remercions le Seigneur pour cette belle célébration qu’il nous donne et soyons unis dans la foi pour servir nos frères et sœurs du monde entier et rendre le monde meilleur ! Amen !


 


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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