Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Homélie 4e dimanche C Confirmations à Hombourg - 31 janvier 2016 (01/02/2016)




 


Chers Frères et Sœurs,


Chers Confirmands,


 


 


Nous venons d’entendre comment Jésus est mal accueilli dans son village natal de Nazareth (Lc 4,21-30). Il est même rejeté de la synagogue et on cherche à le lapider. De cet épisode, est issu le proverbe : « Nul n’est prophète dans son pays ». Jésus avait commencé comme charpentier dans son village ; puis il est allé faire des études quelque part, peut-être à Jérusalem. Et quand il revient au village, on ne le reconnaît plus. On croit qu’il est devenu prétentieux. En effet, quand il lit le prophète Isaïe dans la synagogue, il ajoute un commentaire en disant : « Aujourd’hui, tout cela se réalise pour vous aujourd’hui ! ». Il fait comprendre qu’il est le Messie, mais un Messie qui s’intéresse aux pauvres, pas tellement à la politique et au pouvoir. Il dit : « Je suis venu apporter la bonne nouvelle aux pauvres » (Lc 4,18).


 


Alors, aujourd’hui, si Jésus revenait dans cette église, que dirions-nous de lui ? Est-ce que nous lui ferions confiance, ou est-ce que nous nous méfierions ? Jésus nous dérange toujours un peu parce qu’il est étonnant. Il aime les gens qu’on n’aime pas d’habitude. Par exemple, il dit : « je suis venu aux captifs leur libération, remettre en liberté les opprimés ». Si Jésus revenait, est-ce qu’il voudrait ouvrir les portes de la prison de Lantin ??


 


Je voudrais raconter à ce sujet une histoire vraie. Certains de mes amis ont visité une prison au nord du Cameroun. Ils ont rencontré des terroristes de Boko Haram. On leur a dit : faites attention ! Ils ont quand même voulu parler avec eux. Et ils ont découvert des jeunes de 12-13 ans ! Les jeunes ont expliqué qu’ils avaient été vendus par leurs parents pauvres comme esclaves au groupe terroriste Boko Haram. Là on leur a expliqué qu’ils devaient s’engager pour tuer les infidèles, tuer les autres musulmans qui ne pensaient pas comme eux, et à fortiori tuer les chrétiens. Après ces conversations, les jeunes ont commencé à se former, à lire et à écrire. Puis ils ont été libérés. Libérer les prisonniers ! Vous voyez : c’est de l’actualité. Pour cela il fallait commencer à les visiter, puis à les éduquer. Cela c’est la foi chrétienne, c’est la foi en Jésus. C’est la foi en l’amour ! C’est la foi en la miséricorde ! C’est aimer au-delà des conventions et des idées toutes faites.


 


Chers Confirmands, c’est dans cette foi que vous allez être confirmés. Confirmari en latin veut dire « être rendu ferme », « être rendu fort ». Nous avons besoin de la miséricorde de Dieu envers nous, car elle nous permet d’être miséricordieux avec les autres. C’est cela la confirmation : nous recevons l’Esprit de Dieu, son esprit d’amour. Cet esprit nous libère de notre prison. Parce que nous sommes tous un peu prisonniers, comme les petits terroristes de Boko Haram. Nous sommes prisonniers de nos occupations, et nous n’avons pas le temps de nous occuper des autres ; notre cerveau est parfois prisonnier, parce que nous critiquons les étrangers ou les réfugiés ; nous sommes prisonniers parce que nous pensons à nos biens matériels et nous ne partageons pas. L’Esprit de Jésus nous libère de cet égoïsme ; en venant à l’église, nous prions pour les autres, et nous pensons pas seulement à nous ; en venant à l’église nous entendons la parole de Dieu, qui nous éclaire ; nous sommes libérés par les autres qui nous donnent des bons exemples, comme les catéchistes, comme le curé, comme les parrains, les parents, les familles et les responsables scolaires !


 


Alors, recevons tous l’Esprit qui nous libère de nos prisons et soyons dans notre société des hommes et des femmes de foi, qui aident Jésus à libérer l’humanité de toutes ses difficultés ! Amen ! Alléluia !


 


+ Mgr Jean-Pierre Deville


Votre évêque



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