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Tous les éditos > Homélie du samedi 10 décembre 2016 - Communauté des Frères de S.-Jean, Banneux (16/12/2016)


Homélie, samedi 10 décembre 2016


Frères de S.-Jean, Banneux


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


Nous célébrons aujourd’hui le 20e anniversaire de la présence des Frères de S. Jean à Banneux. C’est une joie pour moi de participer à cette fête. C’est un moment de reconnaissance que nous fêtons tous ensemble pour le ministère des frères ici à Banneux.


 


Chers Frères,


 


Vous avez choisi ce lieu de pèlerinage à la vierge Marie pour installer votre communauté. Vous vous placez sous la protection de la Vierge des Pauvres. Et aujourd’hui, vous l’invoquez, comme nous tous, pour être protégés par elle et obtenir son intercession auprès de Dieu. Que demander à Marie aujourd’hui ? Vingt ans après votre installation, qu’allons-nous demander à Marie, quelle prière voulons nous faire ? Pour répondre à cette question, regardons Marie dans l’évangile.


 


Nous découvrons en effet dans l’évangile que nous venons d’entendre (Lc 1,39-55) que « Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth ». De même, ici à Banneux, Marie nous rend visite. Elle vient vers cette région montagneuse, ou vallonnée plutôt, et elle entre dans notre maison : dans le jardin de la maison de Mariette Béco, dans la maison des frères, qui est un peu comme la maison du prêtre Zacharie, et dans la maison de nos cœurs. Tous nous accueillons Marie comme Elisabeth et Zacharie.


 


Marie commence par saluer Elisabeth, comme elle nous salue de matin. Ceci va bouleverser Élisabeth, qui fut remplie de l’Esprit saint et qui dit alors : « Lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi ». En nous aussi, notre cœur tressaille de joie pour ce que nous vivons ce matin. Elisabeth « éleva la voix dans un grand cri » en disant à Marie : « Tu es bénie parmi les femmes. Et le fruit de ton ventre est béni » « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? » Marie est donc honorée parmi toutes les femmes ; elle est déjà appelée « mère de mon Seigneur ». Jésus lui-même est donc reconnu comme sauveur. Cette attitude d’Elisabeth est une attitude de foi et une attitude de joie. C’est cela que nous sommes appelés d’abord à vivre ce matin : un moment de foi et un moment de joie, car Marie vient à nous, en nous portant Jésus, caché dans son sein. Les frères de Saint Jean sont les premiers à rendre grâce et à être dans la joie pour ce qu’ils vivent ici à Banneux, mais aussi pour tout ce qu’ils nous permettent de vivre. Marie répond à cette joie par son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ». Mais rapidement le discours de Marie passe de la première personne, qui remercie, à la troisième personne qui prie Dieu pour toute l’humanité. « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent », dit Marie. « D’âge en âge » : Marie regarde en même temps le passé et le futur ; elle montre l’amour de Dieu pour toute l’humanité. Elle évoque le passé, en parlant d’Abraham et de sa descendance. Puis elle voit le présent et le futur : « Dieu relève Israël, son serviteur », il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles ». Ce projet de Dieu, qui s’étend à toutes les générations, il est vécu ici aussi par les frères de Saint-Jean et par chacun de nous ici présent. Dieu veut relever notre monde, il veut élever les humbles, renverser l’injustice, combler de biens les affamés, renvoyer les riches les mains vides. Ce salut de Dieu, il passe par cette maison, par cette communauté, par son témoignage, par sa parole, par ses actions et son engagement. Voilà la naissance qui va se faire à Noël et que préparent Marie et Elisabeth. Nous préparons dans cette maison une naissance comme le font Marie et Élisabeth. C’est pour cela que nous sommes réunis ici aujourd’hui et demain ; c’est pour accueillir le Sauveur et l’offrir à toute l’humanité. Ainsi cette maison de Zacharie deviendra aussi une crèche de Noël !


 


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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