Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Homélie du 1er dimanche Carême - Appel décisif des catéchumènes; Cathédrale de Liège le 5 mars 2017 (06/03/2017)


 


Homélie 1er dimanche Carême


Appel décisif des catéchumènes


Cathédrale de Liège


5 mars 2017


 


Chers Frères et Sœurs, chers Catéchumènes,


 


C’est une joie pour moi de célébrer avec vous ce premier dimanche de Carême.


C’est une joie que d’accueillir dans cette cathédrale les adultes qui se préparent au baptême et qui vont recevoir aujourd’hui leur appel décisif, ainsi que leurs parrains et marraines, et les équipes qui les accompagnés. Chers Catéchumènes, vous vous êtes préparés depuis longtemps déjà à recevoir le sacrement du baptême et vous serez aujourd’hui appelés chacun par votre nom ; en vous appelant l’Eglise va ratifier votre démarche libre de vous approcher de Dieu par le baptême. Vous l’avez d’ailleurs précisé en m’écrivant une lettre ; je vous remercie pour ces courriers très soignés que vous m’avez envoyés.


 


Je voudrais dès lors évoquer ici quelques aspects de votre démarche de catéchumène, qui m’ont frappé à la lecture de vos lettres. Je vais les regrouper en quelques thèmes principaux, sans citer de nom, évidemment.


 


Comment avez-vous découvert la foi ? Certains d’entre vous citent leurs grands-parents à ce sujet : « Le peu que je savais de Jésus, c’est par ma grand mère », écrit quelqu’un. D’autres ont rencontré de amis : « « Une amie m’a remonté le moral », écrit une autre personne. D’autres encore ont découvert la Bible : « « J’ai été émerveillé de la Bible. J’ai prié et les réponses sont venues petit à petit », écrit l’un d’entre vous. Un autre ajoute : « Un prêtre m’a appris à lire la bible et comprendre comment l’utiliser. Alors le courage a complètement repris le dessus ».


 


Grâce à cela vous avez vécu un moment intense de conversion. Quelqu’un écrit : « Ma vision de la vie et du monde a changé à tout jamais. J’étais sur la route de Damas et cela m’a donné cette force, cette confiance en moi qui me manquait depuis toutes ces années. Je remercie Dieu et lui rends grâces tous les jours pour la patience qu’il a eue envers moi. J’ai découvert le pardon. »


 


Par cette conversion, plusieurs d’entre vous ont découvert le visage paternel de Dieu : « Les saints m’ont fait découvrir ce visage paternel de Dieu que mon cœur cherchait depuis ma tendre enfance, écrit quelqu’un. Jésus avait enfin droit à prendre toute sa place dans mon cœur. J’ai découvert la proximité de Dieu, qui m’a aimé. Grâce aux saints, j’ai retrouvé une famille ». « Je ne vois pas l’heure de devenir enfant de Dieu », ajoute un autre. Et encore : « Ma foi a grandi, je sens la présence de Dieu en moi et dans ma vie ».


 


Cette découverte de la foi débouche sur celle de l’amour : « J’ai pu apercevoir cet amour incroyable auquel nous convie Jésus », écrit quelqu’un. « Et cet amour a donné sa vérité à cette soif de liberté qui m’animait. La grâce, l’œuvre de l’Esprit, m’a bouleversée à jamais. Mon cœur est empli de joie et je sais qu’elle ne me quittera pas ». L’amour de Dieu débouche sur l’amour du prochain, comme l’écrit quelqu’un : « Au cours de mon cheminement, j’ai pu voir le message de Jésus en action au travers du partage et de la solidarité » ou encore : « J’ai fait plusieurs rencontres qui m’ont permis de découvrir, d’étudier et d’approfondir ma foi et ma recherche spirituelle. La foi est un médicament contre l’orgueil et le mépris. »


 


Votre démarche, dont l’Église souligne aujourd’hui la dimension libre et personnelle, se déroule le premier dimanche de Carême. En effet toute la liturgie du carême est conçue comme une progression vers le baptême et une préparation liturgique de celui-ci, qui se déroulera le jour de Pâques. Vous les Catéchumènes, vous entraînez tous les chrétiens dans votre démarche pour que nous puissions revivre le sens de notre baptême en préparant la fête de Pâques. 


 


Nous avons découvert aujourd’hui dans les lectures bibliques la victoire de Jésus sur le péché. Le péché est bien réel dans notre monde ; mais aussi la capacité que Jésus nous offre de repousser le péché et le mal. Ainsi, vous les catéchumènes, vous avez manifesté qu’on peut choisir librement de suivre Jésus pour lutter contre le mal et le péché en nous et dans notre monde.  Vous avez vécu ce chemin de conversion.


 


Cette victoire de Jésus sur le mal est manifestée par les trois tentations qu’il a surmontées. La première tentation est celle des pierres que Satan suggère à Jésus de changer en pains. C’est la tentation de la satisfaction immédiate, la tentation de satisfaire tout de suite nos besoins matériels. Jésus répond, en se basant sur l’Ecriture : « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Ceci me fait penser à la démarche de plusieurs d’entre vous, catéchumènes, qui avez découvert la Bible comme une force qui nourrit votre vie spirituelle.


 


La seconde tentation de Jésus est celle du savoir, de savoir tout et de savoir même mieux que Dieu en personne. Le diable propose à Jésus de se jeter du haut du temple, en sachant que Dieu enverra ses anges pour amortir sa chute. Pour se justifier, le diable cite l’Ecriture. Jésus répond : « Il est écrit aussi : tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ». Jésus rappelle que Dieu est plus grand que nous, que nous n’avons pas à le mettre à notre service, à l’exploiter, à l’aliéner. Ceci me fait penser à la démarche de plusieurs d’entre vous, catéchumènes, qui avez découvert l’amour du Christ dans votre vie et l’amour du prochain. C’est une manière d’aimer le vrai Dieu et non les faux dieux ou les idoles.


 


Enfin la troisième tentation est celle du pouvoir. Le tentateur entraîne Jésus sur une haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leurs richesses. Il suggère que Jésus se prosterne devant lui. Alors, il recevra le pouvoir sur toute la terre. Jésus répond par le premier commandement, donné à Moïse sur le Sinaï : « Un seul Dieu tu adoreras ; c’est à lui seul que tu rendras un culte ». Il s’agit d’unifier notre vie autour du Dieu unique, au lieu de nous perdre dans des ambitions qui nous rongent et nous détruisent. Ceci me fait penser à la démarche de plusieurs d’entre vous, catéchumènes, qui avez découvert Dieu comme un père qui vous aime.


 


Jésus surmonte ces trois tentations, en s’aidant chaque fois de l’Écriture. Telle est la vie du chrétien, tel est notre devoir de Carême. Les trois prescriptions du Carême : le jeûne, la prière et l’aumône, nous aident à surmonter les trois tentations : celle de l’avoir, celle du savoir et celle du pouvoir. Mais Jésus nous rassure : nous ne sommes pas seuls, sa grâce nous aide.


Que ce Carême soit pour tous, catéchumènes comme baptisés, ce temps du salut. Bon carême à tous!


 


 


+ Mgr Jean-Pierre Delville, 


Votre évêque.



Accéder à tous les éditos