Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Homélie Fête de saint Lambert, Cathédrale de Liège - le 17 septembre 2017 (18/09/2017)


Homélie fête de S. Lambert, Cathédrale de Liège


17 septembre 2017


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


Vous qui êtes réunis dans cette cathédrale et vous qui nous entendez par la radio RCF.


La fête de saint Lambert nous rassemble dans la joie. C’est un rendez-vous annuel qui nous réunit à la reprise de l’activité pastorale et nous relance dans la prière et dans l’engagement. Cette année, c’est un rendez-vous plus particulier des paroisses de l’Unité pastorale du Centre-ville. C’est un moment de fête et de joie. En plus, cela tombe le jour même des fêtes de Wallonie !


Pourtant à la réflexion nous célébrons la mémoire d’un évêque assassiné. Certes c’est bien lointain, cela remonte au 7e siècle.  Mais aujourd’hui encore des gens sont assassinés injustement. Je pense au bourgmestre de Mouscron, qui a été enterré hier. Je pense surtout à tous ceux qui sont victimes de la guerre, de l’injustice et de la violence dans le monde.


Ces assassinats nous font découvrir que notre monde est violent et que les gens de paix sont menacés. La société vit parfois dans la peur et dans le soupçon vis-à-vis des autres. Nous craignons la menace terroriste ; nous voulons nous protéger.


La réponse de l’évangile, c’est pourtant autre chose que la peur et la protection. C’est le pardon et le dialogue. C’est pourquoi je voudrais placer cette fête de saint Lambert sous le signe du pardon et de la réconciliation.


L’évangile que nous venons d’entendre nous raconte la parabole du serviteur impitoyable. Il nous dit en conclusion : comme Dieu nous pardonne nos fautes, sachons aussi pardonner à nos frères et sœurs ! Le pardon, ce n’est pas l’oubli du passé, ce n’est pas le maquillage du présent. Le pardon, c’est refuser le cercle vicieux de la vengeance. C’est créer une nouvelle voie d’avenir. Le pardon redonne un avenir à celui qui le reçoit et à celui qui le donne.


Das Evangelium, das wir gerade hörten, erzählt das Gleichnis vom unnachgiebigen Diener. Es warnt uns: wenn Gott unsere Fehler verzeiht, dann müssen auch wir unseren Schwestern und Brüdern verzeihen. Vergebung heißt nicht das Geschehene vergessen, es heißt auch nicht, die Gegenwart zu beschönigen. Vergeben heißt, den Teufelskreis der Rache zu verweigern und eine neue Zukunftsperspektive zu eröffnen. Die Vergebung gibt dem eine neue Zukunft, der sie empfängt, aber auch dem, der sie schenkt.


La parabole que Jésus raconte pour illustrer le pardon ne parle cependant pas de péché mais de dette ; elle nous montre un serviteur qui devait 10 000 talents à son roi. C’est une somme folle, qu’on évalue à 60 millions de deniers, soit 240 millions d’euros. Comment peut-on devoir une pareille somme ? Il faut être un genre de ministre des travaux publics, qui a un gros budget à gérer. La parabole nous fait prendre conscience que nous sommes comme ce serviteur. Nous sommes riches de tout ce que nous avons reçu, nous sommes riches un peu sans le savoir. Nous sommes redevables de beaucoup de choses à Dieu. Le roi, dans la parabole, remet la dette du serviteur. Cela signifie que celui-ci n’a plus rien à rembourser. Ainsi Dieu nous dispense de lui rendre tout ce que nous avons reçu. Mais il nous conscientise sur ce que nous avons reçu et nous invite à être généreux de la même manière envers les autres.


Cette démarche est difficile dans les pays en guerre, qui ne voient pas comment pardonner à leurs ennemis ; elle est difficile aussi dans nos familles, quand on vit un conflit lié à l’argent, ou au travail, ou à la vie sentimentale. Comment pardonner ? C’est difficile aussi dans nos sociétés, qui se composent de beaucoup plus de races et de nationalités qu’autrefois. Comment éviter le mépris et le racisme ?


C’est pourtant le défi que la foi chrétienne adresse à la société humaine : découvrir la richesse de chacun et savoir pardonner aux autres leurs petitesses. C’est un regard positif sur le monde et un regard d’espérance.


Cette espérance, elle est à l’œuvre aujourd’hui, alors que nous entamons une nouvelle année pastorale. Elle se décline sous nos yeux par  notre présence


L’espérance, c’est en particulier chacun de vous réunis ici, en cette fête de saint Lambert, chacun avec ses richesses et ses capacités ; chacun avec ses faiblesses, que Dieu vient combler. Chacun de vous est là parce que Jésus lui a donné des talents et parce qu’il nous invite aussi à partager les grâces reçues. C’est grâce à vous que l’évangile de Jésus est concrétisé, vécu, célébré et annoncé dans notre diocèse.


Diese Hoffnung seid vor allem ihr, die ihr hier versammelt seid zu diesem Festgottesdienst zu Ehren des Heiligen Lambertus. Jeder von euch ist gekommen, weil Jesus sein Leben hergab, und er uns einlädt das gleiche zu tun. Ihr seid Zeugnis dass das Evangelium von Jesus konkretisiert, gelebt, gefeiert und in unserer Diözese verkündigt wird.


Bientôt, nous aurons l’occasion de célébrer les assises diocésaines de la catéchèse, qui se dérouleront le 30 septembre 2017. Tout notre diocèse a été invité à réfléchir sur la manière de faire la catéchèse : cela concerne en particulier l’initiation à la foi pour les petits enfants, la catéchèse qui encadre les sacrements de communion et de confirmation, et la catéchèse des adultes. De nombreux avis sont parvenus. Ces moments de rencontre vivifient notre Église locale et nous mettent en chemin. J’espère qu’il en sortira un nouveau dynamisme dans l’annonce de l’évangile dans notre diocèse.


Der Heilige Lambertus hilft uns und geht uns voraus auf diesem Weg. Er gab sein Leben für seine Diözese, als er an einem 17. September um das Jahr 700 ermördet wurde.


Saint Lambert nous aide et nous précède dans cette voie, lui qui a donné sa vie pour son diocèse, en étant assassiné un 17 septembre, vers l’année 700. Il serait bien étonné de voir ce que son martyre a produit : à commencer par la ville de Liège elle-même, qui s’est développée à partir de son tombeau, devenu un lieu de pèlerinage ; et ensuite l’Église de Liège, dont nous sommes ici les dignes représentants, mais qui regroupe aussi ceux que nous connaissons et qui ne sont pas là ce matin.


Möge der Herr euch erleuchten und leiten; auf das seine Barmherzigkeit auf euch strahle während dieses neuen Pastoraljahres 2017-2018. Amen!


Que le Seigneur vous éclaire et vous guide ; que brille sur vous sa miséricorde, durant toute cette nouvelle année pastorale 2017-2018. Amen ! 


+ Mgr Jean-Pierre Delville,


 Votre évêque.



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