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Homélie du 3e dimanche de Carême C


Engis, 28 février 2016


Visite pastorale du doyenné de Haute-Meuse


 


Chers Frères et Sœurs,


 


Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous parle en parabole d’un figuier qui ne produit pas de fruit (Lc 13,8-9). Cela pourrait nous faire penser à notre Église locale. On pourrait dire : dans ce grand doyenné, les chrétiens sont peu nombreux, ils sont vieillissants, ils ne portent plus beaucoup de fruit, il faudra prévoir un jour la fermeture ! Mais le jardinier dit au maître : « Laisse ce figuier encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier ». De la même façon, je dirais au sujet de notre Église locale : « On va la travailler avec patience ! Bêcher, mettre du fumier, entretenir et soigner. Et ainsi elle pourra donner son fruit ». C’est ce que nous avons fait au cours de ma visite pastorale. Nous avons bêché et soigné le figuier ! Au terme de ma visite pastorale, je voudrais donc faire un premier bilan. Une telle visite signifie pour moi une connaissance personnelle des réalités locales et des personnes engagées. Cela implique aussi, grâce à ma visite, une collaboration nouvelle entre les personnes engagées. Je fais ce bilan dans le cadre du document Un kairos pastoral, c’est-à-dire un « temps favorable », que j’ai rédigé au début de mon ministère sur base des quatre constitutions du Concile Vatican II.


 


La première dimension est celle de la constitution Gaudium et spes, qui est centrée sur le service du monde, de la justice, de la paix et du dialogue social. Dans ce cadre, j’ai rencontré de nombreux services sociaux très diversifiés : Formanim à Seraing, Accueil et partage à Ougrée, Saint-Vincent de Paul à Flémalle, Service social S.-Joseph à Tilleur, et la Traille à Engis. Ils réunissent soit des bénévoles, soit des professionnels. J’ai visité l’aumônerie de l’hôpital du Bois de l’Abbaye. J’ai pu participer au groupe de dialogue œcuménique. J’ai rencontré aussi les mandataires politiques. Tout cela manifeste l’engagement de nombreux chrétiens, dans ces groupes ou ailleurs. Comme le dit Jésus, nous sommes tous invités à la conversion (Lc 13, 1-5), en nous mettant au service du monde En effet, en cas de drame social, il ne s’agit pas de se contenter de rejeter la faute sur les autres, comme on fait parfois. Comme dit Jésus : « Ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien, je vous dis : Si vous ne vous convertissez pas vous périrez tous de même ». Face aux situations difficiles de notre monde, il s’agit de se convertir et de s’engager. C’est à cela que nous sommes appelés.


 


La deuxième dimension de ma visite va dans le sens de la constitution Lumen gentium, qui centrée sur l’Église comme communauté et sur le rôle des laïcs. En ce sens j’ai vu les équipes pastorales des différentes Unités pastorales. Grâce à elles, le curé ne travaille pas seul comme pasteur. Il est entouré d’une petite équipe de responsables, qui vivent une véritable unité. J’ai rencontré les prêtres et les diacres du doyenné. J’ai rencontré en particulier les fabriciens : c’était une bonne occasion pour valoriser la collaboration entre les fabriques. J’ai participé aussi au Forum des Jeunes, qui a réuni des jeunes et des responsables pour promouvoir la pastorale des jeunes dans le doyenné.


 


Le troisième volet de mes découvertes se fait dans le cadre de la constitution Dei verbum, qui est centrée sur l’annonce de la Parole de Dieu. J’ai ainsi vu différentes écoles, comme l’ISMI (Institut Sainte-Marie et Aumôniers du travail) et l’école primaire Ste-Thérèse, aux Cahottes, où j’ai inauguré et béni les nouvelles classes. L’enseignement libre catholique regroupe environ 30% des enfants et est en constante augmentation. Beaucoup s’y engagent avec un grand professionnalisme. Les directions sont soutenues par le travail du CAGEM. J’ai aussi participé à une rencontre des catéchistes consacrée à une réflexion de fond. Ainsi la Parole de Dieu est annoncée.


 


Enfin, le quatrième volet est la constitution sur la liturgie, qui met en valeur les célébrations communautaires de l’eucharistie. J’ai ainsi pu participer à différentes célébrations chaleureuses et ferventes, aux Trixhes, à Flémalle, à Seraing et ici à Engis et prier avec vous.


 


Chers Frères et Sœurs, nous sommes ici comme Moïse au Buisson ardent (Ex 3,1-15). Moïse a entendu la voix qui l’appelait personnellement : « Moïse, Moïse ! » Nous aussi, le Seigneur nous appelle chacun personnellement. Il nous donne des forces neuves. Après la vision de Dieu dans le buisson, Moïse entend sa voix qui l’envoie en mission : « Va ! Tu feras sortir d’Égypte mon peuple ! » Nous aussi, il nous envoie en mission. Il nous invite à libérer, avec son aide et sa grâce, celui qui est opprimé. Alors, comme Moïse, faisons le détour vers le buisson ardent. Cette église, éclairée par ce beau vitrail derrière moi,  est un peu comme le buisson ardent vers lequel nous avons convergé ce matin. Nous avons fait le détour comme Moïse pour voir et pour entendre. Alors engageons-nous sur les chemins du Seigneur, ce chemin de carême qui nous mène, comme Moïse et comme Jésus, à la joie de Pâques !


 


Amen !


 


+ Mgr Jean-Pierre Delville


Votre évêque



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