Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Introduction au Te Deum (21/07/2015)


Mesdames et Messieurs en vos titres, grades et qualités,


chers Frères et Sœurs chrétiens,


chers Concitoyens,


 


La fête nationale que nous célébrons aujourd’hui se déroule dans un climat de stabilité en Belgique mais d’instabilité à différents endroits de notre terre. Si nous avons la chance de bénéficier d’un État de droit, différents pays du monde sont désormais des terres de non-droit et d’absence de l’État. Je pense en particulier à l’état terroriste qui domine une partie de l’Irak et de la Syrie, ainsi qu’à des pays comme le Yemen et la Lybie, la Centre-Afrique et le Sud-Soudan. Ces pays ne sont qu’à quelques heures de vol de l’Europe. La planète a besoin d’un gouvernance mondiale pour permettre à chaque être humain de bénéficier d’un développement intégral.  


 


Cette visée a été développée récemment par le pape François, dans son encyclique Laudato si’ sur l’écologie. Le pape écrit : «  La maturation d’institutions internationales devient indispensable ; elles doivent être plus fortes et efficacement organisées, avec des autorités désignées équitablement, par accord entre les gouvernements nationaux, et dotées de pouvoir pour sanctionner. Comme l’affirmait déjà Benoît XVI (…) : ‘Pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, [pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres], pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l’environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable Autorité politique mondiale […]’ ».


 


Ce souhait est émis par le pape François à partir de sa réflexion sur l’écologie, dans l’encyclique Laudato si’, c’est-à-dire Loué sois-tu !, titre extrait des premières paroles du cantique des créatures de saint François d’Assise.


 


La grande intuition qui traverse tout le document est que la crise écologique doit être mesurée à ses répercussions sur la vie humaine et en particulier sur la vie des plus pauvres. Ceux-ci sont les premières victimes de la situation actuelle : ils souffrent du manque d’eau, de la mauvaise gestion des ordures, des changements climatiques, des situations économiques dégradées, de la destruction des ressources naturelles au profit des monocultures (chapitre 1). Le pape François constate ainsi une détérioration de la qualité de la vie humaine et une dégradation sociale, ainsi qu’une inégalité à échelle planétaire. Le monde est menacé de destruction par l’action humaine : c’est un jugement sévère que les historiens futurs risquent de faire sur les hommes du 21e siècle. Or le message biblique rappelle que la nature est confiée en gestion à l’être humain par Dieu et qu’il y a une destination commune des biens de la terre (chapitre 2). L’analyse des causes des situations actuelles nous pousse à réfléchir à la toute-puissance de la technologie et à son exploitation technocratique, aux dépens d’une formation à l’humanisme et au respect de la personne (chapitre 3). L’être humain est appelé à une communion universelle. Il faut donc une écologie environnementale, économique, culturelle et sociale : c’est ce que la pape appelle une écologie intégrale (chapitre 4). Les situations d’injustice et d’exploitation sauvage des ressources naturelles nécessitent une intervention politique au niveau mondial (chapitre 5). Cela n’empêche pas un engagement immédiat : c’est pourquoi le pape appelle chacun à une « conversion écologique ». Il s’agit d’un engagement personnel que tous peuvent prendre et qui passe par les gestes de la vie quotidienne (chapitre 6).


 


En cette fête nationale, voilà un message qu’il me paraissait important de répercuter. Notre pays dispose en effet de nombreux atouts au niveau économique et social. Il y va de son avenir de positionner ces atouts dans un contexte mondial pour œuvrer au bien commun de toute l’humanité. Unissons donc nos esprits pour que nos concitoyens soient toujours plus engagés sur la voie de l’écologie intégrale, source de paix, de justice et de bonheur pour tous.


 


 


 



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