Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Homélie 2e dimanche C Journée mondiale du migrant et du réfugié (17/01/2016)




Cathédrale de Liège - 17 janvier 2016



 


 


Chers Frères et Soeurs,


 


 


C’est une grande joie pour moi de vous adresser la parole en cette journée mondiale du migrant et du réfugié. C’est une grande joie de vous voir rassemblés de différents pays du monde, avec tous ceux qui s’engagent dans l’accueil ici dans notre diocèse de Liège. Nous sommes réunis ici avec de nombreuses communautés : vietnamienne, syrienne, italienne, africaine, croate, et autres. Cette célébration nous rassemble, à l’initiative de la Pastorale des migrants et des Communautés d’origine étrangère et de ses responsables, le vicaire épiscopal Baudouin Charpentier, et Madame Isabelle Cegielka. Le pape François a présenté un thème en deux volets à cette journée : d’une part, « les migrants et les réfugiés nous interpellent » ; et, d’autre part, une réponse à cette interpellation : « l’Évangile de la miséricorde ».


 


Les migrants et les réfugiés nous interpellent


 


Tous ceux qui ont vécu l’épreuve de l’immigration savent combien cette expérience est pénible. Comme dit le pape: « Les victimes de la violence et de la pauvreté, abandonnant leurs terres d’origine, subissent l’outrage des trafiquants de personnes humaines au cours du voyage vers leur rêve d’un avenir meilleur. » Et une fois arrivées à destination, « ils doivent faire face à l’absence de normes claires et pratiques pour réglementer leur accueil et pour prévoir des itinéraires d’intégration à court et à long terme. »


 


Les migrants et les réfugiés sont un peu comme les convives des noces de Cana : ils n’ont plus de vin (Jn 2,1-11). Ils sont dépourvus de ce qui fait le sens de la fête et de la joie de vivre les noces. Mais dans cette situation, une personne se laisse interpeller par cette situation, c’est Marie, la mère de Jésus, qui est aussi mère de miséricorde. Ici aussi, à Liège, beaucoup de nos frères et sœurs chrétiens se sont laissés interpeller par la présence des migrants et des réfugiés, en particulier la Pastorale des Migrants et des Communautés d’origine étrangère, qui anime cette célébration. Comme l’écrit le pape : « la présence des migrants et des réfugiés interpelle sérieusement les diverses sociétés qui les accueillent. (…).  Comment faire pour que l’intégration se transforme en un enrichissement réciproque, ouvre des parcours positifs aux communautés et prévienne le risque de la discrimination, du racisme, du nationalisme extrême ou de la xénophobie ? »


 


L’Évangile de la miséricorde


 


Pour obtenir l’intégration, il faut écouter Marie, qui fait confiance à Jésus et dit aux serviteurs : « faites tout ce qu’il vous dira ! » Ce que Jésus nous dit, c’est l’évangile de la miséricorde. Comme dit le pape, il s’agit d’« entretenir de bons contacts personnels et de savoir surmonter les préjugés et les peurs ; ce sont des ingrédients essentiels pour faire fructifier la culture de la rencontre, où l’on est disposé non seulement à donner, mais aussi à recevoir des autres. » En effet, dit le pape, « à la racine de l’Évangile de la miséricorde, la rencontre et l’accueil de l’autre se relient à la rencontre et à l’accueil de Dieu : accueillir l’autre, c’est accueillir Dieu en personne ! »


 


Les serviteurs de la miséricorde


 


L’ordre que les serviteurs reçoivent des lèvres de Jésus est étrange : « Remplissez d’eau les cuves ». C’est une invitation très simple, si simple qu’on pourrait ne pas la prendre au sérieux : que vient faire l’eau dans les cuves alors que c’est le vin qui manque ? Les serviteurs ne comprennent pas tout le sens de ces mots, mais ils obéissent. Cela nous arrive souvent à nous aussi : nous ne comprenons pas bien le sens des paroles de l’Évangile, nous ne savons pas très bien ce qu’il faut faire dans la vie. Ce qui compte pourtant, c’est l’écoute du Seigneur. Le miracle, c’est lui qui l’accomplit. Par la miséricorde de Jésus, l’eau a été changée en vin. Aujourd’hui le miracle c’est que chacun de nous est ici ; il apporte à cette célébration ses simples forces, mais le Seigneur a utilisé les possibilités de chacun pour nous offrir le vin de la rencontre, le vin de la fête, le vin de l’accueil des autres, le vin de l’asile pour ceux qui viennent de loin, le vin de la joie de cette célébration. C’est que Jésus est parti de nos capacités, de l’eau de nos vies, pour la transformer en vin, c’est-à-dire en une vie plus savoureuse et plus joyeuse. Pour cela Jésus a eu besoin des serviteurs qui écoutent sa parole. Ici donc, tous nous sommes des serviteurs qui écoutent la parole de Jésus et qui bénéficient de son action et de sa grâce. Tout cela se passe à un mariage, à une célébration d’alliance. Grâce à la présence de chacun, de Marie, des serviteurs, de Jésus, l’alliance a pu être célébrée. Avec les capacités de chacun, nous pouvons aussi construire une alliance entre migrants et Belges de souche, entre réfugiés et population locale.


 


Alors rendons grâces à Dieu pour la célébration qu’il nous offre aujourd’hui. Soyons tous au service des autres avec nos simples forces et notre bonne volonté ; écoutons la parole du Seigneur ; et celui-ci transformera en vin l’eau de nos vies pour une alliance nouvelle et éternelle. Amen.


 


Mgr Jean-Pierre Delville


Votre évêque



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