Nos églises: des lieux ouverts, des lieux à projet(s)

Nos églises: des lieux ouverts, des lieux à projet(s)

À la veille de la période traditionnelle de congés, pour la plupart, je souhaite ré-insister sur la nécessité, pour les fabriques d’église, d’ouvrir leur bâtiment de culte.

Cette question est régulièrement abordée, que ce soit

                par les fabriciens qui craignent la dégradation de leur église,

                par les responsables du patrimoine, soucieux du devenir de ces bâtiments,

                par l’autorité diocésaine et par d’autres associations comme, par exemple, la fondation ‘Églises ouvertes’,

                par nos responsables politiques et, en particulier, les Communes qui se posent des questions quant à l’utilité de financer l’entretien et la restauration de bâtiments trop peu fréquentés.

 

Lors du récent colloque sur l’avenir des églises classées en Wallonie, cette question a été abordée par tous les participants. (Pour information, 23% des biens classés en Belgique sont des édifices du culte et le plus grand nombre des biens classés se situent en province de Liège.)

«Il est incontestable que nos bâtiments de culte participent à l’identité sociale; que, s’ils représentent un coût pour la fabrique et pour les Communes, cela doit être dans une notion de développement durable; les églises représentent un facteur de cohérence dans l’environnement humain.» (Ghislain Geron – Directeur général a.i de la DGO4).

Fermer une église signifie que son usage est réservé aux seuls pratiquants et donc, exclu pour toute une série de personnes; ce qui est contraire même à la notion d’une église. Comme le disait Marc Huynen, président de la Fondation «Églises ouvertes» lors de ce colloque, une église fermée dans un village, c’est un village qui se meurt. La porte ouverte d’une église est un signal important d’un village vivant.

La pratique religieuse n’est plus nécessairement dominicale. Dès lors, il faut s’adapter, permettre aux personnes de passage de pouvoir s’arrêter, de bénéficier d’un instant de tranquillité, de recueillement en dehors des horaires habituels de célébrations.

Ouvrir son église signifie permettre aux gens de pénétrer dans un édifice accueillant. Cela suppose

                que le bâtiment soit régulièrement entretenu,

                qu’il y ait, par exemple, une musique de fond, une présence même temporaire,

                que les abords soient soignés,

                qu’un inventaire des objets mobiliers soit établi et tenu à jour.

 

Des mesures de sécurité doivent être prises, en particulier, fixer les objets d’art; quand ceux-ci ne peuvent être fixés, il faut les enlever et les mettre dans des endroits sécurisés. Lorsqu’il y a un patrimoine considérable et de grande valeur, le placement d’une caméra de surveillance serait indiqué. Par rapport à la problématique des vols, Marc Huynen ne mâche pas ses mots lorsqu’il dit que fermer une église, c’est perdre le sens de ses responsabilités: «On croit couvrir sa responsabilité par la fermeture de l’église alors que, suivant les statistiques et les informations données par la police, les vols se passent le plus souvent la nuit dans des églises fermées».

Mon église: un lieu à projet(s)

Nos églises sont des lieux de vie, dans beaucoup d’entre elles sont organisés des concerts, des expositions, des conférences.

Sur le site de la fondation «Églises ouvertes», nombre d’idées d’activités sont renseignées (dans les plus originales: projection de documentaires, histoires contées, littérature, animation sur les anciens bâtisseurs, rallye, etc.) ainsi que les partenaires possibles. N’hésitez pas à consulter leur site.

Les Évêques de Belgique sont favorables à toute utilisation des lieux de culte compatible avec leur affectation cultuelle première. L’exploitation touristique des lieux de culte est possible à condition de respecter le culte et les personnes qui le pratiquent. La vie de nos lieux de culte ne peut plus être liée uniquement à la présence de prêtres. La réappropriation des églises par la population est nécessaire.

Les manifestations culturelles auront reçu préalablement l’accord du curé. Elles feront l’objet d’une convention entre la fabrique d’église et l’organisateur; les frais (consommations et de nettoyage) seront pris en charge de manière forfaitaire par l’organisateur. Un état des lieux sera établi avant et après les activités avec obligation de remise en état. Une caution sera déposée en garantie de cette obligation. L’organisateur prendra une assurance incendie temporaire et une assurance responsabilité civile – manifestation vis-à-vis de tiers. Il veillera aussi à obtenir le cas échéant les autorisations communales éventuellement nécessaires (revoir l’article consacré au sujet dans ÉdL de mai 2008).

Journée «Églises ouvertes», le 3 juin prochain

Le 3 juin, aura lieu la 5e édition de la journée «Églises ouvertes» de 10 à 18h. À l’occasion de cette édition, tous les clochers sont invités à sonner à 14h et les carillons joueront un Happy Birthday. Plus de 300 édifices religieux partout en Belgique vont proposer un évènement original pour cette journée.

Le programme complet est à télécharger sur le site www.eglisesouvertes.eu.

Statistiques dégagées à l’occasion du colloque sur l’avenir des bâtiments de culte classés (ces statistiques concernant les édifices du culte classés peuvent globalement être appliquées à l’ensemble des édifices y compris les non classés).

Affectation au culte

Églises affectées au culte: 90%

·          Culte quotidien: 8%

·          Culte hebdomadaire: 50%

·         Culte régulier: 40%

·          Culte occasionnel: 2%

 

Églises affectées à d’autres activités: 58% (activités culturelles: 44% – activités cultuelles: 2% (catéchèse, répétition de chorale, etc.) activités culturelles et communautaires: 12%).

Isabelle LECLERCQ