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Tous les éditos > Homélie 1er dimanche Avent A (16/12/2016)


 


Homélie 1er dimanche Avent A


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


 


Nous voici au premier dimanche de l’Avent !


La liturgie nous oriente vers Noël ! Elle nous fait regarder vers cette fête qui est au cœur de l’hiver, elle nous invite à la préparer.


Pourquoi préparer une fête si longtemps à l’avance ?


C’est parce qu’on reçoit quelqu’un! On accueille quelqu’un qui vient.


Le mot Avent en effet ne veut pas pire « auparavant », mais vient du latin adventus, qui veut dire « avènement ». L’avent c’est un avènement, une venue. La venue de quelqu’un, la venue de Dieu, mais sa venue d’une manière inattendue.


La venue de quelqu’un, la visite de quelqu’un, nous oblige à orienter notre activité vers lui, elle nous pousse à orienter notre temps vers lui.  Cela nous oblige à avoir un but dans la vie, à regarder de l’avant ! Et cela transforme notre cœur.


A fortiori quand le Seigneur vient dans notre vie et dans notre monde, cela change notre cœur.


Il y a une espérance. Celle-ci relativise nos préoccupations personnelles, cela nous sort de l’indifférence. Parfois on est tenté de se réfugier en soi même, quand on a reçu un mauvais coup dans la vie. On a été déçu par quelqu’un, on a essuyé un refus, on a vécu une contrariété, on a reçu un affront, on a été mal compris, on a été trahi peut-être. Comment espérer dans les autres, quand on  a été la victime d’injustices ? Quand on voit des menaces planer sur notre vie, sur al vie du monde, de notre pays, de notre Église ? On est vite pris par le découragement.


Or la liturgie de l’avent nous dit : Quelqu’un vient ! Dieu vient ! Tu n’es pas seul ! Mais sa venue est une surprise. Dieu est autrement que ce que tu imagines ! Et sa venue va te pousser à changer, à te convertir,  sortir de tes habitudes !


Ainsi pour Isaïe (Is 2,1-5), Dieu va réunir toutes les nations sur la montagne du Seigneur. Alors que le peuple juif se croyait le peuple élu, un prophète lui dit : Non, Dieu vient pour toutes les nations, même les étrangers qu’on ne peut pas supporter ! C’est dérangeant, même pour nous aujourd’hui ! Il s’agit d’une réunion de toutes les nations, c’est-à-dire d’une humanité réconciliée !


Isaïe ajoute qu’on doit se mettre en chemin, en pèlerinage vers la montagne de Dieu.


Il y a donc un itinéraire à parcourir ; et il y a un centre, qui n’est pas moi ou mon peuple.


Il y a une parole, la parole du Seigneur, c’est-à-dire une parole venue d’ailleurs, une parole qui interpelle et qui oriente.


Il s’agit de laisser Dieu être l’arbitre des peuples.


Il s’agit d’arrêter la guerre et de travailler en paix.


Changer les épées en socs de charrues, c’est choisir la douceur pour répondre au mal ; c’est choisir d’aller visiter celui qui se sent mal ; c’est donner de mon temps à celui qui en a besoin.


Projet ambitieux et séduisant, enthousiasmant !


Pour cela il faut se laisser éveiller, sortir du sommeil de l’indifférence.


Pour être prêt à accueillir celui qui vient.


Il vient par surprise, le jour de Noël, dans une étable – là où l’on n’attendait pas, où on ne s’attendrait pas à voir Dieu dans son Messie.


Il vient à la fin des temps, à un jour inattendu (Mt 24,37-44).


Et il vient dans nos vies, il nous fait signe à l’improviste !


C’est pourquoi il faut préparer nos cœurs à sa visite.


Et ainsi il produira la lumière dans les ombres de nos existences !


 


Amen ! Alléluia !


 


+ Jean-Pierre Delville,


 Votre évêque.



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