Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Homélie - Messe Chrismale à la Cathédrale / Predigt - Chrisammesse in der Kathedrale (23/03/2016)


Chers Frères et Sœurs, Liebe Brüder und Schwestern,


 


« Ils étaient en deuil, mais je les parfumerai avec l'huile de joie. Et vous, vous serez appelés "les prêtres du Seigneur" » (Isaïe 61, 3.6).


 


Oui, par ces mots, le prophète Isaïe donne le sens de notre célébration. Il fait le lien entre le deuil, « l’huile de joie » et « les prêtres du Seigneur ». Dans cette célébration de la messe chrismale, en effet, nous portons devant le Seigneur nos faiblesses et nos deuils, nous consacrons l’huile de joie, c’est-à-dire les saintes huiles, et nous fêtons les prêtres et les diacres du Seigneur, qui ont reçu la mission de dispenser ces saintes huiles dans l’administration des sacrements.


 


Durch diese Worte gibt uns der Prophet Jesaja den Sinn unseres Festes. Er sieht die Verbindung zwischen der Traurigkeit, dem « Freudenöl » und den « Priestern des Herrn ». Während der Chrisammesse weihen wir dieses Freudenöl zu gesalbtem Öl, und feiern die Priester und Diakone des Herrn, die den Auftrag erhalten, diese gesalbten Öle bei der Spendung der Sakramente zu verwenden.


 


Le prophète met en contraste le deuil et l’huile de joie. On pourrait dire en effet que les trois huiles que nous consacrons aujourd’hui nous donnent la vie, face au péril de la mort : le saint chrême, administré au baptême, nous fait passer de la mort du péché à la vie de la grâce en Jésus ; l’huile des catéchumènes prépare ceux-ci à recevoir la vie des enfants de Dieu dans le baptême ; et l’huile des malades aide ceux-ci à affronter la maladie et la menace de la mort pour demander la guérison du corps et de l’âme.


 


Die Öle, die wir heute weihen, sind also Öle des Lebens. Wir haben derer einen großen Bedarf in unserer heutigen Welt, wo der Tod oft durch Gewalt oder Gleichgültigkeit verharmlost und in der das Leben nicht immer respektiert wird. Dies mussten wir leider erst gestern wieder bei den schrecklichen Attentaten in Brüssel feststellen. Die heiligen Öle sind also Lebensöle, die uns von der endgültigen Dimension des Todes befreien. 


 


Les huiles que nous allons consacrer dans cette célébration sont donc des huiles de vie. Nous en avons bien besoin dans notre société actuelle, où la mort est souvent banalisée, par la violence ou par l’indifférence, et où la vie n’est pas toujours respectée. Nous l’avons expérimenté hier encore dans les terribles attentats qui ont secoué Bruxelles. Les saintes huiles sont donc des huiles de vie qui nous délivrent de la dimension définitive de la mort.


 


Quant aux ministres de ces sacrements, les évêques, les prêtres et les diacres, ils sont donc au service de la vie, au service du mystère de la vie.


 


Chers Frères Évêques, Prêtres et Diacres, cette célébration est donc pour vous un moment particulier parce qu’elle vous invite à renouveler votre promesse d’engagement dans le ministère et à redécouvrir le mystère de vie que vous dispensez à travers l’administration des sacrements. Je vous remercie pour l’engagement que vous avez pris autrefois et que vous mettez en œuvre aujourd’hui.


 


Liebe Brüder, Bischöfe, Priester und Diakone, dieser Gottesdienst ist also für Sie ein besonderer Augenblick, der Sie einlädt Ihr Weiheversprechen im Dienste der Kirche zu erneuern und das Geheimnis des Lebens, das Sie durch die Spendung der Sakramente verbreiten, wieder zu entdecken. Ich danke Ihnen für das Engagement, das Sie seit Ihrer Weihe eingegangen sind und das Sie am heutigen Tage erneuern, um es in die Tat umzusetzen.


 


Ich danke vor allem den Jubilaren, die speziell zu diesem Gottesdienst gekommen sind.


Je remercie en particulier les jubilaires qui sont venus tout spécialement pour cette célébration. Votre engagement dans les mystères des sacrements est aussi un engagement dans le ministère de la parole, à l’instar de Jésus qui lisait le livre du prophète Isaïe à la synagogue de Nazareth et qui l’expliquait en montrant qu’il s’actualisait en lui. Nous aussi nous sommes appelés à lire l’Écriture et à l’actualiser. Ainsi cette célébration de la messe chrismale nous aide à nous replonger dans les racines de notre vocation.


 


Die vielen Aufgaben, die jeder von uns hat, führen manchmal dazu, dass wir den Sinn unseres Amtes, der Sakramente und der Verkündigung des Wort Gottes vergessen. Wir laufen Gefahr zu Funktionären zu werden, oder so wie es Papst Franziskus ausdrückt, zu Zöllner der Sakramente. Die Feier der Chrisammesse zeigt uns den wahren Sinn unseres Auftrags.


Les responsabilités multiples que chacun de nous assume risquent parfois de nous faire oublier le sens même de notre ministère, dans les sacrements et dans l’annonce de la parole de Dieu. On risque de devenir des fonctionnaires, ou même, comme le dit le pape François, des douaniers des sacrements. La célébration de la messe chrismale nous fait redécouvrir le vrai sens de notre mission.


 


J’ai été très ému quand j’ai lu la lettre de quelques confrères prêtres âgés, qui s’excusaient de ne pas participer à la célébration d’aujourd’hui pour cause de santé. Souvent, ils me disaient leur joie d’avoir été invité et la gratitude qui les habitait au soir de la vie de prêtre. C’est une belle chose de pouvoir ainsi consacrer sa vie à un idéal qui nous dépasse et à une personne qui nous met debout, Jésus de Nazareth.


 


Also lasset uns in diesem Jubeljahr der Barmherzigkeit diese heiligen Öle empfangen, die der Herr uns gibt, um andere damit zu salben. Lasst uns barmherzig sein, wie der Vater barmherzig ist. « Die Barmherzigkeit weist eine der wichtigsten Realitäten in den täglichen zwischenmenschlichen Beziehungen auf », wie ich es unseren jungen Mitmenschen geschrieben habe.


Alors en cette année de la miséricorde, soyons disponibles à cette huile sainte que le Seigneur nous donne et qu’il nous demande de donner sur les autres. Soyons miséricordieux, comme le Père est miséricordieux. « La miséricorde nous révèle une des réalités les plus importantes dans les relations de la vie de tous les jours », comme je le disais aux jeunes.


 


Je voyais à la TV hier les jeunes qui se recueillaient à Bruxelles en mémoire des victimes des attentats. Une jeune fille était interviewée et disait à peu près ceci : « En fait ce sont les dictons les plus anciens qui sont les plus vrais : C’est l’amour qui compte ». À l’heure où on s’interroge sur la transmission de la foi et des valeurs, je trouvais cette phrase très éloquente.


 


Ich wünsche Ihnen allen einen schönen Abend und lade Sie dazu ein, sich das Gute, das Sie empfangen haben, ins Bewusstsein zu rufen und es tagtäglich in die Tat umzusetzen!


 


Dans cet esprit je souhaite à tous une belle montée vers Pâques, la fête de la vie et de la résurrection. Amen ! 


+ Mgr Jean-Pierre Delville


votre évêque 



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