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Homélie 26e dimanche C


Installation du doyen de Hesbaye, Bruno Villers


 24 septembre 2016


 


Chers Frères et Sœurs,


 


En ce jour  de l’installation de l’abbé Bruno Villers comme nouveau doyen de Hesbaye, nous entendons l’avertissement de saint Paul à Timothée, comme un conseil de saint Paul adressé à Bruno : « Toi, homme de Dieu, recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur » (1 Tim 6,11-16). La justice et la charité se rapportent à l’engagement social du doyen ; la piété et la foi se rapportent au témoignage chrétien du doyen ; enfin, la persévérance et la douceur se rapportent à sa mission de pasteur de différentes communautés. Ces trois volets de la mission du doyen sont éclairés aussi par la parabole de Lazare et du riche.


 


1. La justice et l’amour


Évidemment c’est surtout le premier volet, celui de la justice et de la charité, qui est mis en valeur par cette parabole (Luc 16,19-31). Celle-ci nous présente un pauvre du nom de Lazare, qui est méprisé et ignoré par une riche, qui passe sa vie à faire des banquets. Cette parabole nous paraît très actuelle. Elle reflète l’état du monde, où les riches vivent sans regarder les pauvres, où une partie du monde s’enrichit tandis que l’autre s’appauvrit. Ce qui est frappant dans la parabole, c’est l’absence de communication : le riche ne communique pas avec le pauvre et il ne l’aide pas ;  alors, dans la vie future, le pauvre ne peut communiquer avec le riche ni l’aider. Le riche n’a rien fait pour le pauvre Lazare durant sa vie ; alors, plus moyen de faire quoi que ce soit pour le riche ni même pour sa famille, après leur mort. Nous touchons ici le problème de fond : si le riche avait regardé Lazare, s’il s’était fait proche de Lazare, un pont aurait été jeté entre eux deux. Ce qui a manqué au riche, c’est le regard, le regard de compassion, le regard d’attention au pauvre. Face à la souffrance du monde, le Seigneur nous demande un regard de miséricorde. Sans doute ne pouvons-nous pas tout résoudre, mais nous pouvons commencer par un regard et une amitié. Je crois que c’est la première mission d’un chrétien et c’est la première mission du doyen. Il doit être un homme de miséricorde, un homme qui ouvre son cœur à ceux qui sont dans la difficulté, à ceux qui vivent une pauvreté. Il doit relayer l’engagement social de l’Église. Car depuis des siècles, la parabole de Lazare a produit un grand effet dans l’histoire. Elle a produit par exemple la naissance des hôpitaux pour accueillir les malades. Autrefois un hôpital s’appelait même un lazaret, du nom de « Lazare ». Ici à Waremme, vous avez plusieurs hôpitaux et beaucoup de personnes s’y dévouent. À cette occasion, je voudrais avoir une pensée émue pour votre ancien doyen, l’abbé Nicolas Peters, qui est dans le coma depuis presque trois semaines et autour duquel sa famille et ses amis se dévouent. Prions tous pour lui, qui a tant donné pour le doyenné et prions pour sa famille. Pensons aussi à tous ceux qui s’engagent au service des pauvres dans notre doyenné, dans toutes les unités pastorales que j’ai pu visiter l’an dernier. Pensons aux recommandations du pape François, qui, mardi dernier à Assise, a prié pour la paix dans le monde avec les représentants de toutes les religions du monde. Il a insisté sur la soif d’amour que chacun avait. Voilà donc la première mission du doyen, celle d’être un homme de miséricorde et d’amour.


 


2. La foi et la piété


Grâce à cet amour, le chrétien peut entrer dans la vie de Dieu. C’est le deuxième volet de la mission du doyen, le volet de la « foi et de la piété », comme dit saint Paul. Il s’agit de vivre de la vie de Dieu et d’en témoigner autour de lui. Ainsi le pauvre Lazare est entré dans la vie de Dieu, il vit dans le sein d’Abraham. Il a manifesté son humilité, sa disponibilité, sa foi ; alors il reçoit la joie de la vie avec Dieu. Il est appelé par son nom : il s’appelle Lazare, en hébreu « Éléazar », ce qui veut dire « Dieu aide ». Le pauvre est aidé par Dieu. Quant au riche on ne sait pas son nom : il était indifférent aux autres, il ne s’est intéressé à personne. Alors son nom s’est perdu. Il n’a pas écouté la parole de Dieu durant sa vie terrestre, tandis que le pauvre l’a écoutée. En effet la foi chrétienne, ce n’est pas de la magie, ce n’est pas un mort qui viendrait nous parler depuis l’au-delà. Comme dit Abraham dans la parabole, à propos de la famille du riche : « Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! S’ils n’écoutent pas Moïse ni les prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. » Donc j’invite le doyen et chaque chrétien du doyenné de Hesbaye à écouter cette parole de Dieu, à recevoir ce message de joie, qui nous est donné en particulier dans la célébration de l’eucharistie ou dans des groupes de vie chrétienne. J’invite tout spécialement les enseignants des nombreuses écoles du doyenné à garder vive la flamme de la foi dans les établissements scolaires, en particulier par le cours de religion qui a été un peu bousculé au niveau de la législation, et par l’animation chrétienne dans les écoles. Ainsi, chacun dans notre milieu de vie, nous serons porteurs d’une parole qui donne la vie pour tous nos contemporains.


 


3. La persévérance et la douceur 


Enfin, le doyen doit être un homme d’unité, un pasteur pour les communautés chrétiennes de son doyenné, en collaboration avec les curés des Unités pastorales et des autres prêtres, diacres et laïcs engagés. Comme dit saint Paul, il doit vivre « la persévérance et la douceur ». Il faut en effet de la persévérance et de la douceur pour guider des communautés chrétiennes. Un peu comme les cinq frères du riche de la parabole, qui risquent de s’égarer, les huit unités pastorales du doyenné de Hesbaye, doivent être accompagnées pour cheminer dans l’unité. Par exemple, cette année-ci, nous avons le grand projet diocésain de réforme de la catéchèse ; il faut donc se réunir pour en parler, pour préparer les assises de la catéchèse le 30 septembre 2017 et donner la contribution de la Hesbaye à la catéchèse de notre diocèse. Cette mission d’unité confiée au doyen est bien sûr une mission où chacun a sa part : nos communautés doivent toujours trouver davantage d’amour mutuel et de cordialité, dans une société qui est menacée par l’indifférence et le chacun pour soi. C’est une invitation du pape François, que celle de vivre en unité dans l’Église ; il a eu l’occasion de me le dire personnellement à l’audience publique, ce mercredi à Rome, lors de notre pèlerinage diocésain, auquel participaient différentes personnes de notre doyenné. C’était un très beau moment de vie d’Église pour notre diocèse, même s’il y a eu l’une ou l’autre personne de notre groupe qui s’est fait volé son portefeuille dans le métro. Mais cela, c’est pour la petite histoire !


 


Bref, chers Frères et Sœurs, merci donc de travailler avec votre nouveau doyen pour que notre Église soit toujours plus dans notre doyenné un signe de solidarité avec les pauvres, un lieu de foi vivante et un ensemble de communautés qui rayonnent l’amitié. Amen. Alléluia !


 


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque



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