Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Homélie 3e dimanche de Pâques - Confirmations au Thier à Liège 10 avril 2016 (11/04/2016)


 


Chers Frères et Sœurs,


Chers Confirmands,


 


 


Nous venons d’entendre le récit de la troisième apparition de Jésus à ses disciples, d’après le 4e évangile (Jn 21,1-19). Il apparaît à sept disiciples, au bord du lac de Tibériade, c’est-à-dire dans la région natale des disciples, la Galilée, et au cours de leur travail, la pêche sur le lac. Jésus apparaît à sept disciples : à Pierre, celui qui avait renié Jésus ; à Thomas, celui qui avait douté de la résurrection ; à Nathanaël, qui avait douté de l’appel de Jésus au début de son ministère public ; aux deux fils de Zébédée (Jacques et Jean), et à deux disciples restés anonymes. Ces deux là sont inconnus. Pourquoi ? Parce qu’ils nous représentent, ils préfigurent chaque chrétien ! L’ensemble des sept figure tous les croyants, car sept est le chifffre de la perfection. Donc à travers ces sept disciples en Galilée, c’est toute l’humanité qui est appelée à être témoin de la résurrection. Cette apparition nous renvoie à notre propre vie : Jésus nous apparaît sur notre lieu de travail et d’activité, il est présent au cœur de notre vie quotidienne et de nos activités habituelles.


 


Dans cet épisode, nous voyons que les disciples peinent : « ils passèrent la nuit sans rien prendre ». C’est une expérience qui ne diffère pas de celle de tant d’hommes et de femmes aujourd’hui : ne rien produire, avoir le sentiment de ne pas avancer. C’est la nuit, au sens symbolique aussi, on est dans le noir, le Seigneur est absent. Mais à l’aube un homme s’approche sur le rivage, mais les disciples ne le reconnaissent pas. Jésus s’occupe de ses disciples découragés, il leur donne un conseil : jetez le filet à droite ! Ils s’exécutent et voilà que le filet est plein à craquer ! La proximité de Jésus donne une fécondité à la vie, même si Jésus n’est pas reconnu. Jean, l’exemple même du disciple de prédilection, reconnaît Jésus : « C’est le Seigneur ! », dit-il. Pierre alors se jette à l’eau pour rejoindre Jésus. Les autres disciples accostent et tirent le filet, avec 153 poissons (nombre de toutes les espèces de poissons connues alors). Ces 153 poissons représentent la force nouvelle que Jésus nous donne. On pourrait dire que c’est la force d’amour que Jésus nous donne, quand nous sommes seuls et livrés à nous-mêmes.


 


Jésus prépare alors à manger pour tous. Il refait le geste de la dernière cène : il prend du pain et le donne aux disciples. Jésus se donne à nous dans les actes simples de notre vie et plus spécifiquement, dans l’eucharistie, la fraction du pain. Il faut prendre le temps de le reconnaître. Aujourd’hui, on va le reconnaître dans le sacrement de confirmation et dans la célébration de la messe, où nous allons recevoir en communion le corps du Seigneur.


 


Alors s’ouvre la deuxième étape : Jésus dit à Simon-Pierre, « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Jésus s’adresse à une personne précise : Pierre. C’est Jésus qui s’adresse à notre conscience et qui nous dit : je t’ai donné quelque chose, une pêche miraculeuse. Et toi que me donneras-tu ? Me donneras-tu ton affection, ton amitié ? La question est un peu provoquante. Jésus veut éveiller en Pierre ses sentiments profonds, pour qu’il les rende explicites. L’amour en effet a besoin de mots pour être concrétisé et réalisé. Car à chacun de nous est adressée aussi la question de Jésus à Pierre : M’aimes-tu ? Jésus ne dit pas : crois-tu en moi ? Il dit : m’aimes-tu ? Est-ce que nous aimons le Seigneur ? Est-ce que nous le lui disons ? Voilà le message qui nous est adressé en ce troisième dimanche de Pâques. C’est un message de joie et d’espérance, car il s’agit de répondre à un don qui nous est fait. Jésus nous donne son amour et nous invite à lui rendre cet amour. Jésus a besoin d’être aimé : il n’est pas un magicien impassible qui nous fait des petits miracles et qui n’a besoin de rien. Au contraire, Jésus a besoin d’être aimé. Dieu a besoin d’amour ! Par cet échange d’amitié entre Pierre et Jésus, nous découvrons que l’amitié est la vraie force divine. L’amitié, c’est la réponse à la violence du monde.


 


Un jeune m’écrivait en préparation à cette célébration de la confirmation : « Je suis perdu et je cherche à comprendre pourquoi il y a tant de morts de violence. J’espère que Dieu pourra me montrer le chemin, je l’espère ». Je crois que Jésus nous donne une piste aujourd’hui.


Un autre jeune écrivait : « Que Dieu avec son Esprit me donne la force d’avancer dans la vie chrétienne et surmonter les obstacles de la vie de tous les jours »


Un autre répondait : « Seigneur, maître du temps, fais que je sois toujours prêt à te donner le temps que tu m’as donné ».


 


Remercions le Seigneur de ce don qu’il nous fait et offrons-lui chacune de nos vies !


 


+ Jean-Pierre Delville,


votre évêque



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