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Tous les éditos > Homélie du 23 octobre 2016 - 30e dimanche C - Conclusion de la visite pastorale au doyenné de Liège (Rive droite) (25/10/2016)


Homélie 23 octobre 2016


30e dimanche C


Conclusion de la visite pastorale au doyenné de Liège (Rive droite)


 


Chers Frères et Sœurs,


 


 


C’est une grande joie pour moi de conclure ma visite pastorale au doyenné de Liège (Rive droite) par cette célébration dans cette églie Saint-Vincent, la « cathédrale de la Rive droite », où célèbre souvent notre vicaire général, l’abbé Alphonse Borras. Cette église lumineuse et harmonieuse est dédiée au diacre saint Vincent, martyr à Valence en Espagne (région d’où provient la famille de l’abbé Borras).


 


Cette visite a été un moment très intense, en particulier grâce aux rencontres que j’ai pu faire avec différents groupes comme les responsables des Unités pastorales (les prêtres, les diacres et les assistantes paroissiales, les équipes pastorales, les équipes-relais et les Conseils d’Unité pastorale), les visiteurs de malades et les aumôniers d’hôpital, les catéchistes, les équipes funérailles, les membres des fabriques d’église et des asbl, les services sociaux et les Saint-Vincent-de-Paul, les directeurs d’écoles libres catholique et les professeurs de religion, les groupes de préparation au mariage, mais aussi avec les mandataires politiques, les mouvements de jeunesse, les musulmans, les personnes handicapées, les associations folkloriques, les sacristains, la prière oecuménique… Vous voyez que votre nouveau doyen, le chanoine Jean-Pierre Pire, ne m’a pas laissé chômer ! Il est vrai que le doyenné de Liège (Rive droite) compte environ 125 000 habitants et beaucoup d’initiatives. J’ai vu des grandeurs et des faiblesses, de belles réalisations, mais aussi des médiocrités, des conflits, des recherces de pouvoir. En tout cas, ma visite a suscité des rencontres intéressantes et stimulantes ; elle a soulevé des questions intéressantes et fourni des réponses. Face à tout cela, j’ai envie de dire dire : « Merci, Seigneur, pour tout ce que tu nous as donné, pour la richesse d’engagements que nous avons et pour le dynamisme de notre Église. Merci, Seigneur, pour nos qualités d’accueil, qui ont été soulignées par différentes personnes, en particulier par nos frères musulmans ».


 


Mais si je continue comme cela, est-ce que je ne risque pas, comme le pharisien de la parabole (Luc 18,9-14), d’être un peu trop prétentieux ? Alors, je devrais dire comme le publicain : « Seigneur, montre-toi favorable au pécheur que je suis ». Mais peut-être allez-vous m’objecter alors que je suis un peu trop pessimiste et défaitiste, en disant cela. Pourtant c’est ce que le Seigneur nous suggère dans cette parabole du pharisien et du publicain. (Ne me dites comme un étudiant un jour à un examen : « la parabole du parisien et du républicain » !).


 


Jésus conclut en effet en disant : « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Jésus ne loue pas celui qui croit être totalement en règle par rapport à sa foi et à sa pratique de vie, c’est-à-dire le pharisien. Il loue l’homme qui reconnaît sa petitesse et ses torts, le publicain. En effet, la prière de celui-ci est vraie et loyale. Par la prière, nous reconnaissons notre faiblesse, nous sommes authentiques devant Dieu. Nous prenons le temps de nous exprimer et de lui exprimer nos désirs.


 


En outre, la prière nous permet progressivement de ne pas nous limiter à nos propres désirs, mais de prendre en charge ceux des autres ! Nous prions alors pour les autres, nous nous unissons à eux, en portant devant Dieu leurs besoins ; par le fait même nous devenons sensibles aux besoins des autres. Notre cœur s’ouvre et devient meilleur, grâce à la prière. Enfin, en ouvrant nos cœurs aux autres, nous ouvrons aussi les cœurs à l’action de Dieu : Dieu peut agir dans le monde, si les cœurs sont prêts à recevoir sa grâce. Par la prière, nous ouvrons la porte à Dieu et à son action en nous et dans le monde.


 


Dès lors aujourd’hui, par la prière du publicain, nous sommes poussés à demander l’action de Dieu au-delà de ce que nous faisons et réalisons. Notre prière nous incite à être missionnaires, à aller au-delà des frontières. Nous sommes poussés à prier pour ceux qui sont loin, pour ceux qui ne sont pas touchés pas notre action et notre pastorale. Nous pouvons prier pour ceux qui souffrent et qui sont abandonnés ; en particulier pour la ville d’Alep, qui est toujours assiégée et d’où provient l’abbé Abdallah Habelrih, qui est prêtre ici dans notre doyenné et organise l’accueil des réfugiés syriens. Nous pouvons prier pour la mission dans le monde, car aujourd’hui c’est le dimanche des missions et la collecte est faite pour les pays du Sud, les pays de mission, où les besoins des Églises sont très importants, car elles travaillent beaucoup pour la paix dans ces pays et pour le développement durable. Qu’on se rappelle comment en septembre 2016 le président de la République Centrafricaine, M. Faustin-Archange Touadéra, est venu à Assise pour la rencontre des religions pour la paix. Il a raconté comment l’intervention de chrétiens catholiques, avec des musulmans et des protestants a permis d’arrêter la guerre civile. Sur cette base, le pape François a décidé d’aller à Bangui en novembre 2015 pour stimuler cet accord de paix et ouvrir là-bas la première Porte sainte du jubilé de la miséricorde. Sachant que là, ce sont les chrétiens qui attaquent les msulmans, le pape a parlé aux jeunes musulmans et  leur a promis sa protection ; ceux-ci, enthousiastes, lui ont fait la haie à vélo, depuis le quartier où le pape parlait jusqu’au centre ville, pour le remercier.


 


Ainsi en nous ouvrant aux besoins des autres, nous ouvrons notre cœur à la mission et au témoignage. Et si nous sommes effrayés par la grandeur de la tâche, le Seigneur nous donne sa grâce : « qui s’abaisse sera élevé ». Reconnaissons tous les besoins de notre monde, tous les besoins de notre vie, tous les besoins de notre ville, et portons-les devant le Seigneur comme le publicain. Dieu entendra notre prière, il élargira nos horizons, et à nous confiera à chacun sa mission !


 


Amen ! Alleluia !


 


+ Jean-Pierre Delville,


 Votre évêque.



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