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Homélie pour la fête du Christ Roi


175e anniversaire de l’Institut Saint-Paul (19 novembre 2016)


Liège, église Saint-Jacques,


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Mmes et MM. les Représentants des Autorités publiques,


Chers Frères et Sœurs,


Chers Membres de l’Institut Saint-Paul, anciens et actuels,


 


Bon anniversaire !


Pour 175 ans, vous vous portez bien ! Félicitations !


Vous portez le nom de saint Paul ! Comme la cathédrale de Liège, à l’ombre de laquelle votre école est née en 1841.


Saint Paul vous a inspirés pour la liturgie d’aujourd’hui. Pourquoi ?


Parce que saint Paul, c’est quelqu’un qui s’est laissé pousser par le vent du Saint-Esprit. Il a ouvert sa vie au souffle de l’Esprit, l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Jésus. Pour cela, il s’est embarqué sur un gros bateau poussé par le vent et il est passé du Moyen Orient à la Grèce, puis à Rome. Il a traversé la mer Méditerranée. Pour évoquer cela, vous avez installé un bateau à la place du lutrin. Vous voulez montrer que chacun de nous doit se laisser pousser dans la vie par le souffle de l’Esprit.


Aujourd’hui, comme saint Paul, vous vous êtes laissé pousser par le vent de l’Esprit, vous avez laissé vos maisons, vous avez arrêté votre shopping du samedi et vous avez voulu venir ici célébrer les 175 ans de l’Institut S.-Paul. C’est d’abord un moment de reconnaissance et de remerciement. Beaucoup d’entre vous portent dans leur cœur de beaux souvenirs de leur passage à l’institut. Pour beaucoup d’entre vous, les années passées à l’école S.-Paul vous ont marqués dans votre éducation. C’est en particulier parce que l’Institut S.-Paul a tenu à faire non seulement de l’instruction mais aussi de l’éducation ; il a voulu non seulement former l’intelligence et le corps, mais aussi éduquer l’esprit, à la lumière du message d’amour de l’évangile.


La reconnaissance et le remerciement ne nous tournent pas seulement vers le passé, mais nous orientent vers le futur. L’institut S.-Paul est bien vivant et forme de nouvelles générations ; pas mal de jeunes sont ici présents et bénéficient de cette éducation. C’est pourquoi les voiles du navire nous portent aussi vers l’avenir.


Aujourd’hui, c’est une journée de fête pour toute l’Église, puisque c’est le dernier dimanche de l’année liturgique, c’est la fête du Christ, roi de l’univers, c’est la fête d’un rêve pour toute l’humanité : le rêve d’une civilisation de l’amour, comme disait le pape Jean-Paul II. Cette dimension universelle est présente au cœur de notre célébration. Le pape François va clôturer cette fête l’année jubilaire de la miséricorde et va fermer la porte sainte de la basilique saint Pierre. Pendant toute une année, nous avons pu vivre cette intuition de la miséricorde, ce don de l’amour gratuit, qui nous est donné par Dieu et qui doit animer toute la vie humaine. À l’occasion de cette fête, la Belgique est mise à l’honneur puisque notre archevêque, Mgr Jozef De Kesel va être créé cardinal par le pape demain à Rome. À l’heure qu’il est, il est porté par les ailes du vent vers la ville de Rome, peut-être pas avec un bateau comme celui de saint Paul, mais un bateau moderne, un bateau du ciel, un aéronef, un avion de ligne, qui le mène à l’endroit même où saint Paul s’est rendu à la fin de ses voyages et a donné sa vie pour sa foi. Ainsi donc, dans la ville des apôtres Pierre et Paul, notre cardinal va être associé au gouvernement de l’Église universelle. C’est une mission qui rejaillit sur nous. Chaque chrétien doit en effet être au service de toute l’humanité.


C’est aussi ce que vit votre école et ce qu’elle a souligné en choisissant ce passage célèbre de la lettre de saint Paul Corinthiens que nous avons entendu (1 Cor 12,12-27). L’apôtre Paul y souligne que nous sommes tous les membres du corps du Christ, c’est-à-dire que notre vie est associée à la vie de Jésus, nous ne sommes pas seuls au monde, nous ne sommes pas abandonnés à nous mêmes, nous sommes portés par la vie qui vient de Dieu et nous sommes solidaires dans cette vie, chacun avec nos qualités et nos limites.


Personne n’est inutile, nous dit saint Paul. « Pour qu’il y ait un corps, il ne suffit pas d’un seul membre, il en faut plusieurs ». Chaque membre du corps est nécessaire. L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi, va t’en ! » Le corps serait alors gravement handicapé. De la même façon dans l’école, on ne peut pas dire à quelqu’un : « Je n’ai pas besoin de toi, va t’en ! » Car chacun est utile. Chacun a sa valeur. Dans l’école, cela se voir d’autant plus. Des élèves d’origine différentes, des enseignants, du personnel pédagogique ou d’entretien, un PO, une direction, un secrétariat, et j’en oublie… Chacun a sa place, chacun est utile !


Ce message du corps du Christ que nous formons, ce message d’une civilisation de l’amour, c’est saint Paul qui nous l’a apporté en Europe. Sans lui, ce serait confiné au Moyen Orient. C’est par son bateau que ce message nous est arrivé.


Alors montons dans le bateau, soyons audacieux, n’ayons pas peur de la vie, n’ayons pas peur de l’amour, soyons des voyageurs et des missionnaires de la civilisation de l’amour !


 


 + Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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