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Tous les éditos > Homélie pour la dédicace de l’autel de Wanze, Ste-Marie Madeleine, Dimanche 11 juin 2017 (12/06/2017)


Homélie pour la dédicace de l’autel de Wanze, Ste-Marie Madeleine


Dimanche 11 juin 2017


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


La célébration à laquelle nous participons aujourd’hui est à la fois archaïque et moderne. La dédicace ou consécration d’un autel remonte à la nuit des temps. Mais elle nous dit aussi quelque chose de très actuel.


Son antiquité nous est montrée par la première lecture (Gen 28, 11-18). Nous y découvrons que le patriarche Jacob eut un songe, lorsqu’il se retrouva seul dans le désert à dormir à un endroit inconnu. Il vit en rêve une échelle qui reliait la terre et le ciel. Des anges y montaient et y descendaient. Quand il s’éveilla, Jacob s’écria : « Ce lieu est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ». Il prit conscience de la présence de Dieu dans notre vie et notre existence. Puis il reçut la révélation que ses descendants se répandraient sur toute la terre : « En toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre ». Jacob reçoit ainsi une vision universelle de sa mission. Il a conscience d’être un citoyen du monde. Ainsi se conjuguent en Jacob la dimension verticale et la dimension horizontale de la vie. La dimension verticale, c’est le lien qui nous unit à Dieu, la dimension horizontale, c’est le lien qui nous unit à toute l’humanité. C’est pourquoi Jacob prend la pierre où il avait posé sa tête et il en fait une stèle, qu’il oint d’huile. Il en fait un autel. L’autel est le lieu de l’action de grâce, il est le lieu où on offre des dons à Dieu et où on le remercie pour le don de la vie. Il est le lieu de l’alliance.


C’est pourquoi nous célébrons l’eucharistie sur un autel. L’eucharistie, qui est le dernier repas de Jésus avec ses disciples, manifeste le moment où Jésus a fait de sa vie et de sa mort un don pour l’humanité. C’est ainsi qu’il a pris le pain et le vin, et il les a partagés à ses disciples, en leur disant : ceci est corps, ceci est mon son sang. Saint Paul le rappelle dans la lettre qu’il écrit aux Corinthiens (1 Cor 10, 16-21) : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ? Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps ». Ainsi dans l’eucharistie, nous découvrons aussi une dimension verticale et une dimension horizontale. Elle nous unit au Christ (aspect vertical) et elle fait de nous un seul corps (aspect vertical). C’est pourquoi nous célébrons l’eucharistie sur un autel, car elle est une offrande à Dieu, le don de soi du Christ ; et l’action de grâce pour la vie qu’il nous donne en communion. L’eucharistie est donc une offrande, un cadeau, et un merci, une action de grâces.


L’autel que nous consacrons est donc un signe de vie, un signe de don de soi et un signe d’action de grâces. Il est un lien entre Dieu et nous, et un lien de fraternité entre nous. Dans l’autel se croisent la verticale et l’horizontale, pour marquer notre vie et nous introduire dans la communion et la fraternité. L’autel va être consacré par l’huile et l’encens. L’huile est le saint chrême qui va être versé sur l’autel et étalé par un geste horizontal. L’encens va être posé aux quatre coins et va monter vers le ciel, verticalement. Ainsi l’engagement envers Dieu nous rappelle notre engagement envers nos frères. Comme le dit Jésus dans l’évangile de ce jour (Mt 5,23-24) : « Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ».


Soyons donc dans l’action de grâces


Que le Seigneur nous inspire donc une vie marquée par sa présence et consacrée à nos frères et sœurs !


+ Mgr Jean-Pierre Delville,


Votre évêque. 


 


 


 



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