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Homélie pour le décès de l’abbé Nicolas Peters


Villers-l ’Evêque, le 9 novembre 2016


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs, chère Famille de Nicolas, chers Amis,


 


 C’est une grande tristesse pour nous tous de célébrer aujourd’hui les funérailles de Nicolas Peters, qui a été fauché par la maladie et la mort au moment où il s’apprêtait à commencer une nouvelle vie, un nouveau ministère, dans le cadre de sa retraite après un fécond ministère de doyen de Hesbaye et de curé à l’Unité pastorale du Bon Pasteur à Waremme. C’est un homme qui s’en va, c’est un pasteur que l’Église pleure.


 


Chacun de nous a été saisi quand il appris que le lendemain même de sa messe d’adieu à Waremme, Nicolas restait dans le coma au cours d’une opération chirurgicale qu’il avait prévu de subir. Il n’en est que peu sorti, mais il a été veillé avec ferveur par toute sa famille, qui l’a entouré de son affection sans faille. Finalement une défaillance cardiaque l’a emporté dimanche.


 


Ces circonstances rendent plus actuelle encore l’homélie que Nicolas avait prononcée le 4 septembre à Waremme. Le début en particulier nous touche particulièrement parce que Nicolas nous exprimait sa décision de partir. Il disait ceci : « Il y a un temps pour tout et un temps pour chaque chose sous le Ciel, dit l’Ecclésiaste dans la Bible. Il y a un temps pour commencer et un temps pour finir, un temps pour arriver et un temps pour partir, un temps pour parler et un temps pour se taire. »


Oui Nicolas est parti, oui Nicolas s’est tu. Mais pas pour toujours, pas dans la solitude du néant. En effet il continuait son homélie en parlant de la crèche de Noël : «  Les bergers viennent et partent. Lui seul reste, le Bon Berger, le Christ Jésus, le ‘Grand pasteur des brebis’, comme le dit la lettre aux Hébreux. » Nicolas s’identifiait aux bergers de la crèche, qui viennent et puis qui partent. Oui, il était vraiment un berger pour ses  brebis ; mais il voulait être discret et orienter chacun vers le Bon Berger, le Christ lui-même. Il ne cherchait pas à attirer l’attention sur lui, mais sur Jésus. C’est ainsi qu’il avait intitulé son Unité pastorale autour de Waremme, « l’Unité pastorale de Jésus Bon Pasteur ».


Ce qui comptait pour Nicolas, c’était d’être un pasteur à l’image du Bon Pasteur. Comme Jésus, Nicolas connaissait ses brebis : j’ai pu le constater quand j’ai fait ma visite pastorale dans le doyenné de Hesbaye et j’ai pu apprécier son accueil chaleureux et son dévouement sans faille. Je garderai toujours un souvenir ému de cette visite, en particulier de l’eucharistie finale, si chaleureuse.


Ainsi, toute la première partie de son homélie du 4 septembre, il l’a consacrée aux communautés qui lui était confiées ; il distinguait les personnes proches, les personnes en cheminement, les personnes fragilisées, les prêtres, les diacres, les assistantes paroissiales et les collaborateurs de tout genre. Il est vrai qu’il en avait vu des gens de la région, depuis qu’il avait été curé à Limont en 1972, à quoi s’est ajouté Oleye en 1974, Oreye en 1980 et Berloz en 1981. En 1983 il est devenu curé de Longchamp à Waremme ainsi que de Grand-Axhe. En 1992, il est devenu curé-doyen de Waremme ; c’est alors qu’il a accueilli le grand rassemblement Projet-2000, lancé par Mgr Albert Houssiau ; et en 2009, il est devenu le premier doyen de Hesbaye.


Il concluait cette évocation des gens rencontrés en disant : « Tous vos engagements m’ont permis d’être davantage humain et m’ont permis d’être confirmé et heureux dans ma vocation de prêtre et de pasteur ». Il remerciait chacun d’avoir contribué à le rendre heureux. Et il incitait chacun à être missionnaire. « Je rends grâce à Dieu, disait-il, parce que j’ai pu vivre mon ministère dans des communautés qui de plus en plus ont été missionnaires, c’est-à-dire signes de l’évangile offert à tous, quels qu’ils soient ». Nicolas avait un souffle apostolique, le souffle de quelqu’un qui voit plus loin que son horizon quotidien et qui veut ouvrir les cœurs à Dieu.


C’est pourquoi la seconde partie de son homélie du 4 septembre est centrée sur le fait de « regarder Jésus, le seul bon Berger ». « Fixez, disait-il, votre regard sur Jésus. Puisqu’il est là au milieu de vous, dans les pauvres et les petits ; il nous regarde par leurs yeux et nous parle par leur voix. Il est là dans la Sainte Écriture et la prédication de l’Église ; il est là présent dans la liturgie ; il est là surtout dans le pain et le vin eucharistiques, son vrai corps et son vrai sang ».  Et ainsi Nicolas nous invitait à regarder Jésus et à revenir à lui si nous nous en étions éloignés. Il donnait des moyens pour nous lier au Christ : la prière simple, la lecture de la Bible, la vie quotidienne. Il concluait par ces mots : « L’Esprit ne cessera de nous garder unis dans une communion qui se joue des distances, mais qui rassemble dans une même foi, dans une même prière, celle du Christ, et dans une unique mission, ici et là où je serai ».


 


Oui, là où tu es, Nicolas, dans la vie de Dieu, tu pries pour nous et avec nous. Tu es dans l’amour de Dieu et nous te prions à notre tour de nous protéger dans notre mission, celle que tu as si bien vécue et pour laquelle tu nous stimules avec tant de confiance. Merci pour tout ce que tu nous as donné. Nous faisons nôtres les mots que tu nous as laissés en conclusion et comme en héritage : « Confions-nous mutuellement au Seigneur, disais-tu, et demandons-lui pour chacun de nous la grâce du renouvellement et d’un nouveau départ au service de l’annonce de l’Évangile ». Merci Nicolas ! Amen ! Alléluia !


 + Mgr Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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