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Tous les éditos > Homélie du mercredi 7 juin 2017, Messe en l’honneur de l’impératrice Zita à Stavelot (08/06/2017)


Homélie mercredi 7 juin 2017, Stavelot


Messe en l’honneur de l’impératrice Zita


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


Chers Frères et Sœurs,


Le Seigneur Jésus ressuscité apparaît à ses disciples en leur disant : La paix soit avec vous (Jean 20,19-23). Il nous apporte la paix. C’est son message pascal, c’est aussi le message que l’impératrice Zita, et son mari Charles de Habsbourg, empereur d’Autriche, ont apporté au monde.


C’est ce qu’espère aussi notre communauté ici réunie, dans la mémoire du bienheureux Charles de Habsbourg, et de la servante de Dieu, Zita, son épouse, pour la béatification de laquelle nous prions aujourd’hui. Apporter la paix au monde, c’est avoir un nouvel horizon, une nouvelle vision sur les choses.


Ce sont des chemins de réconciliation. En effet Jésus lie la paix au pardon des péchés et au don de l’Esprit Saint. « Recevez l’Esprit Saint, dit Jésus. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis ». Cette rémission des péchés par les disciples, ce sens de la réconciliation, c’est ce qu’ont essayé de vivre l’empereur Charles et sa femme Zita. Charles a tenté de soustraire son empire d’Autriche-Hongrie à la 1e guerre mondiale, par ses recherches de paix en 1917 et par son appui à la proposition de paix du pape Benoit XV. Sa femme a poussé pour qu’on institue des lois sur la justice sociale dans l’Empire, en supprimant le travail des enfants et en réglementant le travail des femmes. C’est pourquoi on prie pour la béatification de Zita, après que le pape Jean-Paul II a béatifié Charles, dont il portait le nom : Karol.


Le Royaume de Dieu, c’est un royaume de paix, un monde expurgé de sa violence, plein de bienveillance et d’amitié. C’est le Royaume de Dieu qui supplante le royaume triste et violent de notre monde, où les hommes continuent à se battre, où le terrorisme sème la peur, où les peuples se jettent contre leurs voisins, où une partie de la nation se dresse contre l’autre, où chacun s’isole dans son égoïsme, occupé uniquement à défendre ses propres intérêts.


La paix commence par la paix intérieure, la paix du cœur. Celle-ci n’est jamais atteinte complètement. Chacun de nous est préoccupé par de nombreuses choses. Zita aussi a été sujette à d’innombrables préoccupations dans sa vie. Pourtant elle a réussi à découvrir la paix intérieure, en tablant sur la force de Dieu. Elle nous invite à suivre cette voie.


La paix, c’est aussi la paix dans les familles et dans les communautés. Là aussi, nous le savons, le chemin est long. Zita a toujours tablé sur la vie de famille et elle a soutenu les siens tout au long de sa vie. Elle nous indique ainsi un chemin de joie et de bonheur.


La paix, c’est la paix dans les Églises et entre les communautés. Zita a vécu en lien avec l’Église et elle l’a stimulée dans son engagement. Elle nous encourage à notre tour à porter l’Église dans nos cœurs.


La paix, c’est, par-dessus tout, la paix dans le monde. À tant d’endroits règnent l’injustice, la guerre, la corruption. Zita a été victime de la guerre. Mais elle a porté dans son cœur le souci de réconciliation des peuples. Elle nous montre une voie d’avenir pour toute l’humanité.


Prions donc avec ferveur pour la paix dans nos cœurs et nos familles, nos communautés et nos pays, pour la paix dans ce monde et pour la réconciliation des nations.


+ Mgr Jean-Pierre Delville,


Evêque de Liège. 



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