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Homélie du 27e dimanche C - 2 octobre 2016 à Fléron


Jean-Pierre Delville


 


Chers Frères et Sœurs,


 


Toute la liturgie d’aujourd’hui est centrée sur la rencontre, à la fin de ma visite pastorale dans le doyenné de Fléron. C’est pourquoi nous avons choisi un évangile centré sur la rencontre, celle de Jésus avec Zachée (Lc 19, 1-10). Nous y découvrons que ce collecteur d’impôts n’était pas satisfait de sa vie : ainsi il décide d’aller voir Jésus et même de monter sur un arbre pour mieux le voir. Mais Jésus aussi voit Zachée et il perçoit son attente : c’est pourquoi il lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Jésus suscite donc la rencontre. En réponse, Zachée décide de faire un geste exceptionnel : il promet de consacrer la moitié de ses biens aux pauvres. Il prend donc une décision personnelle et libre. La rencontre change la vie de Zachée.


À la fin de ma visite pastorale, je dois dire que j’ai vécu beaucoup de rencontres, et j’ai découvert beaucoup de dévouement et d’initiatives, surtout quand j’ai rencontré les groupes de S.-Vincent-de-Paul, les catéchistes, les visiteuses de malades, les équipes liturgiques, les jeunes à la prière de Taizé, les responsables d’écoles et d’enseignement, les membres des équipes relais et les membres des CUP (Conseil d’unité pastorale), des membres des fabriques d’église, ainsi que les prêtres et les diacres, en particulier vos curés Vital Nlandu et Ghislain Katambwa et votre doyen, Jean Lievens. J’ai même rencontré les responsables de la mosquée Mevlana et j’ai participé à un forum ouvert à tous ce matin.


 


Ma visite comporte en fait plusieurs volets. Le premier est celui de l’écoute et de la découverte : en effet en me trouvant sur place et en rencontrant les chrétiens dans leur lieu de vie, je découvre beaucoup de personnes et beaucoup d’initiatives ; je comprends mieux les personnes qui s’engagent et ce qu’elles font, par exemple dans une école ou dans un centre de solidarité. Je comprends mieux les curés et leur action une fois que je suis sur leur terrain et que je connais leur lieu de vie. C’est vraiment la visite au sens propre.


Un deuxième volet, c’est ce que l’on a appelé ici les forums. Ce sont essentiellement des rencontres qui réunissent à l’échelle du doyenné des personnes engagées dans un même secteur, comme les visiteurs de malades, les catéchistes, etc. Les personnes concernées préparent la rencontre en rédigeant une présentation de leur engagement et en sélectionnant des questions à me poser. Ainsi, la rencontre est riche en informations et elle permet à chacun d’écouter ceux qui proviennent d’autres UP. Les participants peuvent ainsi comparer leurs méthodes, leurs succès et leurs échecs éventuels. Grâce à cela on crée une dynamique d’émulation, de découverte et de soutien mutuel. Par ce moyen, on construit la communauté chrétienne sur le terrain et dans le concret du quotidien. Ces rencontres se poursuivent par un échange, ce que l’abbé Vital a appelé un forum. J’ai ainsi l’occasion d’avoir une parole en réponse aux questions posées ou en fonction de l’actualité de l’Église. En célébrant l’eucharistie et en priant ensemble, nous appelons la force de l’Esprit sur nos initiative, sur nos vies et sur les gens que nous rencontrons.


Enfin un troisième volet de mes visites est leur dimension missionnaire : j’ai l’occasion de parler à des personnes qui sont parfois loin de la foi chrétienne, comme les élèves des écoles, ou à des personnes que je vois en raison de leurs responsabilités, comme les bourgmestres et les autorités civiles. Dans ces cas-là, je suis à l’écoute de leurs questions ou de leurs préoccupations ; et je réponds à leurs demandes ou je réagis à leurs préoccupations. Cela me permet d’intervenir sur des questions qui les intéressent. On aborde ainsi des problèmes d’actualité, comme la question des cours de citoyenneté qui remplacent une heure de religion dans l’enseignement officiel. L’évêque que je suis peut alors aussi faire intervenir sa perception de l’Église universelle et des enjeux du monde actuel. En effet, il n’est pas seulement l’évêque d’un diocèse territorial, il est aussi évêque de l’Église universelle et il répercute dans son diocèse ce que celle-ci vit au niveau mondial. La rencontre avec les jeunes a d’ailleurs été relayée par la radio RCF Liège ; elle s’est déroulée sous la forme d’un dialogue entre deux jeunes rhétoriciens et l’évêque, avec la participation du directeur de l’école. Cette forme médiatique a conféré beaucoup d’intérêt à la rencontre et a permis de la diffuser sur les ondes. Les jeunes se sont sentis valorisés par les questions qu’ils posaient et par la rencontre qu’ils suscitaient.


 


Ainsi mes visites pastorales me permettent de découvrir la réalité du diocèse, mais aussi de créer des dynamiques nouvelles au niveau des doyennés. Elles créent des transversalités entre équipes de même nature dans les différentes UP. Elles permettent de rencontrer des groupes liés à l’actualité, comme les musulmans, des profs de religion,… et d’avoir une parole sur l’actualité. Elles stimulent par conséquent chacun afin qu’il prenne des responsabilités et elles redonnent souffle aux personnes engagées. Elles m’incitent ainsi à réfléchir à des priorités qu’il sera utile de proposer dans le futur à notre diocèse. Déjà cette année-ci nous avons vécu à la lumière de la miséricorde, un concept que le pape François nous a proposé et qui apparaît très opérationnel dans notre monde marqué souvent par la violence. Notre foi est stimulée par la mondialisation, par les initiatives du pape, par les réalisations de paix. Par exemple en Centre-Afrique, ou en Colombie ce 26 septembre. J’ai eu la chance de rencontrer le pape à Assise à la rencontre de prière des religions pour la paix et à Rome au pèlerinage diocésain. J’ai découvert ces initiatives qui ont demandé beaucoup de foi.  La foi ainsi construit la paix dans les cœurs. La paix est plus importante que les dangers que nous courons et que la réputation que l’on a ; car elle sauve les pauvres de la misère et leur offre une espérance. Le chrétien n’est pas là pour lui-même, mais pour les autres. La foi est au service des autres, à commencer par les pauvres.


 


 


Alors merci à chacun de vous pour la foi qui est dans votre cœur et pour les rencontres qui ont été occasionnées ! Elles changent notre vie comme elles ont changé la vie de Zachée, qui est descendu de son arbre et qui s’est engagé dans l’accueil de Jésus. Sachez communiquer autour de vous cette inspiration. Trouvons, chacun, les chemins que nous pouvons suivre pour vivre cette foi, l’exprimer, la mettre en pratique : c’est le chemin du bonheur et du salut, pour nous et pour tous ceux que nous rencontrerons.


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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