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Tous les éditos > Homélie 28e dimanche ordinaire C - Installation du chanoine Jean-Pierre Pire comme doyen de Liège (9 octobre 2016) à l'église Saint-Jacques de Liège (10/10/2016)


 


Homélie 28e dimanche ordinaire C


 Installation du chanoine Jean-Pierre Pire comme doyen de Liège ce 9 octobre 2016.


Liège, Saint-Jacques


Jean-Pierre Delville


 


Chers Frères et Sœurs,


 


 


C’est une grande joie pour moi de me retrouver ici avec les représentants des neuf Unités pastorales du nouveau doyenné de Liège-Ville, qui réunit la rive gauche et la rive droite. C’est une grande joie de procéder à l’installation du nouveau doyen, le chanoine Jean-Pierre Pire, en qui je place toute ma confiance.


Ce tournant dans la vie de notre Église est éclairé par l’évangile que nous venons d’entendre. Nous avons entendu en effet l’histoire de dix hommes qui ont vécu un grand tournant dans leur vie (Luc 17,11-19). Dans leur faiblesse, ils sont guéris et remis en route par Jésus. Devant moi, je vois notre nouveau doyen qui vit aussi aujourd’hui un grand tournant dans sa vie. Lui aussi est mis en route par Jésus, sur les routes du doyenné de Liège, rive gauche et rive droite. Et chacun de nous ici présents, nous l’accompagnons ; nous aussi, Jésus nous relève et nous met en route en compagnie du chanoine Pire. Celui-ci est volontiers en route, parfois même sur les routes de l’Afrique ou sur celles de pèlerinages. C’est qu’il est animé par le souci de la mission !


Première étape de cette mise en route : la prière. Nous remarquons dans l’évangile que les dix lépreux adressent la parole à Jésus. Ils ne restent pas silencieux ; ils ont un cri à formuler. Pour une fois que quelqu’un d’important passe tout près d’eux, ils disent : « Jésus, maître, prends pitié de nous » ; en grec, c’est une formule proche de « Kyrie eleison », qu’on dit au début de la messe. C’est une prière, c’est un appel à l’aide. Nous aussi, avec notre nouveau doyen, nous pouvons dire au Seigneur notre faiblesse. Nous ne sommes pas toujours une communauté nombreuse ; notre doyen, comme tout prêtre, comme tout évêque, exprime au Seigneur sa faiblesse, car il sent qu’il a besoin de la grâce de Dieu pour avancer et qu’il ne peut pas compter sur ses seules forces.


Mais il y a une deuxième étape de la rencontre des lépreux avec Jésus : c’est la guérison. Jésus dit aux lépreux : « Allez vous montrer aux prêtres ». En effet les prêtres devaient constater officiellement que quelqu’un n’était plus lépreux. Les dix lépreux y vont et chemin faisant, ils sont guéris. Donc ils sont guéris en bougeant, en espérant, en hésitant peut-être. Nous découvrons ainsi que Jésus nous remet debout et nous guérit, non pas d’une manière magique, mais en nous faisant marcher, en nous rendant espérance. Il est une force dans notre vie. Ainsi à notre doyen et à nos communautés, le Seigneur dit de nous mettre en route. On découvre après coup qu’il a entendu notre prière, mais pas nécessairement tout de suite ; et il nous guérit en nous faisant participer à notre guérison par notre remise en route.


Troisième étape. Neuf lépreux disparaissent dans la nature. Mais le dixième voit qu’il est guérit. Alors il revient sur ses pas, il rend grâces à Dieu, il se jette aux pieds de Jésus et il remercie. Jésus le félicite parce qu’il a rendu grâces à Dieu. Il ajoute : « Relève-toi, ta foi t’a sauvé ». Cet homme a pris conscience de ce qui lui était arrivé. Il mesure le bonheur qu’il a, c’est pourquoi il revient en arrière pour remercier Jésus et rendre gloire à Dieu. Cet homme fait un geste de reconnaissance et il reçoit plus qu’une guérison : Jésus lui dit : « ta foi t’a sauvé ». Il est sauvé, c’est-à-dire que non seulement son corps est guéri, mais aussi son âme, son intériorité, sa conscience, sa vie globale sont sauvées et sont remises debout, sont activées. Et cela ne s’est pas fait par Jésus tout seul, car il dit à l’homme : « Ta foi t’a sauvé ». C’est-à-dire, c’est parce que tu y as mis du tien, parce que tu as eu confiance, parce que tu as eu foi en un mieux, que tu es sauvé. Je pourrais comparer ce geste du dixième lépreux à celui de la célébration d’aujourd’hui. Tous ensemble nous rendons grâce à Dieu, nous célébrons l’eucharistie, ce qui veut dire action de grâces. Dans la mission que nous recevons, nous trouvons une source d’action de grâces. Nous remercions le Seigneur pour la grâce qu’il nous donne à travers notre nouveau doyen. Quand nous remercions, nous disons que ce que nous vivons nous est donné, nous ne l’avons par toujours mérité ou recherché ; mais nous recevons des dons, qui nous rendent plus forts et nous font avancer. Le Seigneur nous dira alors à chacun de nous tous : « Relève-toi ! Ta foi t’a sauvé ! » 


Mais j’ai oublié une étape, une chose importante que Jésus remarque et que personne n’avait remarquée ! C’est quoi ? C’est que le dixième lépreux était un étranger ! Un Samaritain ! Le genre de gens que les habitants de Judée n’aimaient pas. Aujourd’hui la surprise, c’est que le nouveau doyen vient d’Outremeuse, un autre monde, il est un véritable étranger ! Jésus donne un enseignement à tous ceux qui l’écoutent et dit : « Il n’y a que cet étranger qui venu remercier ». Jésus enseigne que la guérison qu’il donne est destinée à toute l’humanité ; son message est universel. Et donc, tout personne qui a été remise en chemin par Jésus se sent portée à devenir un apôtre du message de Jésus pour le monde entier.


Donc cette célébration d’installation du nouveau doyen, ce n’est pas simplement un beau moment, une promotion, c’est une mission de transformer notre monde à la suite de Jésus pour faire une place à l’étranger. L’étranger symbolise le nouveau disciple, celui qui va faire rayonner le message de Jésus. Ainsi grâce au rayonnement de notre communauté, chaque être humain pourra entendre résonner à son oreille : « Relève-toi et va ! Ta foi t’a sauvé. »


+ Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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