Tous les éditos > Homélie 3e dimanche ordinaire A, 120e anniversaire du Cercle Bénédiction de la statue saint Etienne, Vottem (23/01/2017)


 


Homélie 3e dimanche ordinaire A


Vottem, 120e anniversaire du Cercle


Bénédiction de la statue saint Etienne


 


Chers Frères et Sœurs,


 


C’est un jour de fête à Vottem ! C’est le jour de la bénédiction de la statue de saint Étienne et c’est l’anniversaire de 120 ans du Cercle. On est heureux de se retrouver en cette circonstance, on est heureux de l’initiative qui a  été prise.


Cette fête nous rappelle un disciple du Christ, saint Etienne. Ce n’est pas un disciple de la première heure, il n’est pas dans le nombre des douze apôtres, dont nous avons entendu, dans l’évangile, l’appel par Jésus et les noms qu’ils portaient (Mt 4,12-23). Par contre Étienne est le premier martyr, le premier à donner sa vie pour sa foi. C’est pourquoi on l’appelle le proto-martyr. Après la mort de Jésus, il a été choisi comme diacre dans l’Église primitive, l’un des sept premiers diacres. Ceux-ci ont été recrutés parce qu’il manquait de personnel pour s’occuper des personnes âgées, les veuves, surtout celles d’origine grecque. Étienne était très actif : « il accomplissait des prodiges et des signes éclatants », disent les Actes des Apôtres (Ac 6,8). Cela veut dire qu’il s’engageait au service des malades, au service des personnes âgées, spécialement les veuves, au service des pauvres, au service des étrangers tels que les Grecs. Il était très zélé dans la proclamation de la foi : « Personne ne pouvait résister à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler » (Ac 6,10). C’est pourquoi, par jalousie, il fut dénoncé. Il était grec et non juif, comme le montre son nom Étienne, en grec Stephanos : c’est peut-être une raison qui a poussé à le faire mourir. Mais lui, au moment de mourir, réaffirmait sa foi en Jésus : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Ac 7,55). Il voit donc Jésus à la droite de Dieu, c’est-à-dire Jésus sur pied d’égalité avec le Père. Il voit qu’en Jésus il y a un absolu, un amour infini, qui se dit et qui s’offre à nous. C’est pour cela qu’Étienne a été condamné. Las pharisiens n’aimaient pas qu’on mette le Messie sur le même pied que Dieu. Mais cette méfiance, c’est aussi le signe que ces gens n’aimaient pas mettre l’amour au premier plan de tout. Et encore aujourd’hui, si on refuse Dieu, si on oublie Jésus, c’est aussi le signe qu’on oublie l’amour, on oublie l’absolu ; on se réfugie alors dans des valeurs secondaires, dans l’argent, dans le pouvoir, dans le sexe, dans le travail à outrance.


 


Saint Étienne quant à lui a fait un choix radical. Il a consacré sa vie à Jésus. Et cela lui donnait une force d’amour extraordinaire, qui a frappé les gens. C’est pourquoi, après sa mort, on a placé sa fête le lendemain de Noël, le 26 décembre, pour montrer qu’Étienne suit immédiatement Jésus. Pour tout cela, vous fêtez saint Étienne avec solennité. On l’invoque parce qu’il guérit encore aujourd’hui les gens de leurs problèmes, de leur égoïsme. Comme les douze premiers disciples de Jésus, qui étaient des pêcheurs de poissons, Étienne est devenu un pêcheur d’hommes. C’est-à-dire qu’il rattrape ceux qui sont perdus.


 


Grâce à cette mission des premiers disciples, leur vie confinée devient une vie passionnante, avec un projet, à grandeur universelle. Aujourd’hui aussi nous sommes appelés à être comme les premiers disciples des pêcheurs d’hommes, des gens qui s’engagent au service des autres. Nous le ferons d’autant mieux si nous sommes unis entre nous.


 


Je voudrais donner l’exemple de la Centre-Afrique. Le pays était dans une guerre civile grave, qui mettait aux prises le Nord et le Sud, sous couvert d’un combat entre musulmans et chrétiens. Grâce à l’action conjointe des autorités catholiques, musulmanes et protestantes, l’instrumentalisation de la religion par les chefs de guerre a été déjouée. L’archevêque catholique de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, le leader évangélique du pays, le pasteur Nicolas Guerékoyame Gbangou, et le leader musulman, l’imam Oumar Kobine Layama, sont devenus des amis et ont proclamé partout leur amitié malgré leur religion différente. Grâce à cela la paix s’est installée. Le nouveau chef de l’État, le président Faustin Touadéra, a pu prendre la situation en mains et il a présenté la situation de son pays aux chefs religieux du monde entier réunis à Assise le 18 septembre 2016. Il a expliqué le processus de « démystification » de la guerre qu’il a fallu faire pour déboucher sur la paix : « Des forces obscures exploitaient la religion pour faire la guerre », a-t-il dit. La paix est vraiment l’aboutissement d’une œuvre de miséricorde que des chrétiens et d’autres croyants ont tenu à mettre en œuvre contre vents et marées.


 


Voilà comment l’amour de Dieu pour nous rejaillit en réconciliation entre frères et en réconciliation dans la société. Je vous invite à répondre dans votre cœur à l’amour de Dieu pour nous, en Jésus-Christ, comme saint Étienne qui a répondu avec enthousiasme à l’amour du Christ pour nous. Et ainsi nous pourrons transformer cette énergie spirituelle en force de réconciliation et de paix pour chacun de ceux que nous rencontrerons et pour toute notre société humaine.


 


+ Mgr Jean-Pierre Delville,


 Votre évêque.



Accéder à tous les éditos