Tous les éditos > Homélie 23e dimanche C Installation de l’abbé José Gierkens comme doyen de Basse-Meuse du 03.09.2016 (03/09/2016)


 


Homélie 23e dimanche C


Installation de l’abbé José Gierkens comme doyen de Basse-Meuse


 


 


Chers Frères et Sœurs,


 


Vous êtes venus nombreux à cette célébration de l’installation de votre nouveau doyen, l’abbé José Gierkens. Nous sommes un peu comme ces « grandes foules qui faisaient route avec Jésus », dont parle l’évangile que nous venons d’entendre (Lc 14,25-33). L’évangéliste Luc souligne beaucoup le fait de marcher, de faire route. Tout l’évangile de Luc est présenté comme une montée de Jésus vers Jérusalem. Jésus est toujours en route. De nombreuses gens l’accompagnent : certainement par enthousiasme pour sa parole, mais aussi par volonté d’être guéris. En fait, il y a un peu d’intérêt personnel dans cet enthousiasme, un peu de superficialité. Alors Jésus arrête la foule et lance un avertissement : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple ». Les avertissements que nous venons d’entendre dans l’évangile tombent bien, mais sévèrement, en ce jour où j’installe votre nouveau doyen.


Dans une première approche de l’évangile d’aujourd’hui, je pourrais m’arrêter aux images de cet évangile et dire que votre doyen est un peu comme l’homme qui construit une tour, dont parle Jésus dans un genre de parabole. Ce promoteur immobilier commence par s’asseoir et faire ses comptes, pour voir s’il a assez d’argent pour construire ! L’abbé José va donc s’arrêter et faire ses comptes, il va examiner les finances du doyenné pour voir si l’on gère bien les choses en Basse-Meuse et si l’on assez d’argent pour soutenir la pastorale locale. Le doyen, c’est donc aussi un comptable ! En fonction des résultats financiers, il va rester ou il va partir… J’espère qu’il a déjà fait ses calculs et qu’il va rester !


On peut aussi comparer José à ce roi qui doit défendre son pays avec 10 000 hommes. A-t-il assez de soldats pour combattre ? En ce sens, le doyen c’est aussi un stratège ! Il doit avoir une stratégie pour promouvoir l’engagement des chrétiens. Sommes-nous assez nombreux pour nous engager comme chrétiens dans notre ville et nos villages, pour combattre l’indifférence, la résignation, la violence, le manque d’amour ? Si je compte tous ceux qui sont là aujourd’hui, je crois qu’on peut dire : oui, nous sommes assez nombreux pour témoigner ici de notre foi !


Mais voilà ! Ceci ce sont des paraboles, des images ! Nous devons passer  une lecture plus profonde du texte et voir l’intention de Jésus. Qu’est-ce qui se cache derrière les images ? Je pourrais répondre : le devoir de s’asseoir et de discerner ce qu’il faut faire. Le promoteur immobilier s’assied pour faire ses comptes ; le roi s’assied pour réfléchir à sa stratégie ; et le chrétien s’assied pour voir s’il veut vraiment suivre Jésus. Nous voilà maintenant au cœur de notre célébration d’aujourd’hui. Pour suivre Jésus, il faut savoir renoncer à certaines choses. Peut-être que le promoteur immobilier va-t-il renoncer à faire une haute tour ! Peut-être que le roi va renoncer à faire la guerre ! Et peut-être que le disciple de Jésus va renoncer à se cloisonner dans sa famille pour choisir de suivre Jésus. Renoncer à certaines sécurités, cela signifie accepter sa fragilité, accepter certaines souffrances, à la suite de Jésus : «  Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite, dit Jésus, ne peut pas être mon disciple ». Derrière ce renoncement et cette pauvreté, se cache une vraie force, celle que l’on tient de Jésus lui-même et pas de nos propres forces. Ainsi chacun de nous est-il invité ce soir à s’asseoir et à se dire : qu’est-ce que je choisis pour ma vie ? À quoi est-ce que j’accepte de renoncer ? À qui est-ce que j’accepte de me donner ?


Au cœur de nos pauvretés, de nos limites et de nos renoncements, le Seigneur nous appelle. Il n’attend pas que nous soyons des surhommes, des vedettes. Reconnaissons nos limites et nos faiblesses et faisons de notre vie un chemin à la suite de Jésus.


Dans cet esprit de marche ensemble, accompagnons notre nouveau doyen. Faisons route avec lui, comme les foules qui accompagnaient Jésus. Soyons des témoins de la foi. Comme Mère Theresa, qui va être déclarée sainte ce dimanche. Soyons au service de l’humanité. Soyons au service de la création : vous avez entendu ce que le pape François a fait ce 1er septembre, jour de prière pour la sauvegarde de la création. Il a ajouté aux 7 œuvres de miséricorde une 8: celle de s’engager pour la sauvegarde de la création ! Cet engagement nous conduit à une meilleure justice dans le monde. C’est aussi cela que saint Paul propose à son ami Philémon, dans la lettre que nous avons entendue. Il suggère que Philémon libère son esclave Onésime, qui s’était enfui et qui s’était réfugié chez saint Paul. Ainsi Philémon considérera Onésime non plus comme un esclave, mais comme un frère ! Une nouvelle famille se crée. C’est ce que Jésus suggère aussi en créant la famille de ses disciples. Une nouvelle famille se crée. Je suggère qu’ici aussi, autour de votre doyen, une nouvelle famille se développe. Une famille au service du monde, une famille qui libère les esclaves de notre société, une famille qui donne la joie de l’amour ! Amoris laetitia, comme dit le pape. La joie de l’amour. C’est ce que je souhaite à votre nouveau doyen, c’est ce que je vous souhaite à tous !


Amen ! Alléluia !


 


+ Mgr Jean-Pierre,


Votre évêque.


 


 



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