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Tous les éditos > Homélie - Élection de la supérieure générale des religieuses de l’Instruction chrétienne - Liège, 15 juillet 2016 (Ez 34,11-16 et Jn 10, 7-16) (15/07/2016)


 


Homélie - Élection de la supérieure générale des religieuses de l’Instruction chrétienne - Liège, 15 juillet 2016


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


(Ez 34,11-16 et Jn 10, 7-16)


 


Mes chères Soeurs,


 


Vous venez de procéder à l’élection de votre supérieure générale et vous êtes réunies en chapitre depuis plusieurs jours. C’est un moment important que vous êtes en train de vivre. C’est une page importante qui s’écrit dans l’histoire de votre congrégation.


Dans cette eucharistie, nous rendons grâces pour tout ce qui a été vécu et nous le portons devant le Seigneur. Nous portons devant lui toutes les sœurs, ce que chacune vit personnellement et ce chacune espère pour le futur.


Vous avez choisi pour cette célébration le thème du bon pasteur. C’est une image qui est développée intensément par le prophète Ézéchiel. Par la voix du prophète, Dieu dit qu’il va lui-même avoir soin de son peuple, comme un berger a soin de son troupeau. Autrefois, il y avait dispersion des brebis ; maintenant Dieu rassemble son troupeau. « Je les rassemblerai des différents pays et je les ramènerai sur leur terre » (Ez 34,13). C’est tout-à-fait ce que vous vivez ces jours-ci ! Vous venez de différents endroits du monde et vous vous êtes rassemblées pour le chapitre général. Vous vivez une expérience d’unité alors que d’habitude vous êtes répandues dans le monde entier. C’est une grande richesse que de pouvoir vivre cette double dimension : la multiplicité des cultures et l’unité de l’inspiration. C’est une force toute particulière des congrégations religieuses, et spécialement des congrégations de religieuses apostoliques, que de vivre cette expérience. En effet, en tant qu’apostoliques, vous êtes tenues de connaître de près les personnes qui vous sont confiées pour leur éducation et pour leurs soins. Les situations sont très différentes au Brésil, au Congo ou en Belgique. Mais à l’intérieur d’un pays les choses sont différentes : l’est du Congo n’est pas la même chose que l’ouest. Et en Belgique, il y a même des différences entre le nord et le sud du pays ! Niet waar, zusters ? Toutes ces différences vous les rassemblez, vous les exposez et les faites connaître ici en chapitre général. Vous vous éclairez mutuellement et vous vous déplacez mutuellement. Vous ressortirez de ce chapitre un peu différentes de ce que vous étiez en y entrant. Mais par cette confrontation mutuelle, vous essayez de tracer des lignes d’action qui valent pour toutes. Car il reste vrai que, au-delà de nos différences, il y a un seul Seigneur, un seul Pasteur, une seule foi, une seule congrégation des religieuses de l’instruction chrétienne, et une seule supérieure générale ! Avec son conseil, elle a la mission de veiller à l’unité de la congrégation, et donc à l’écoute mutuelle des différentes sensibilités et à l’orientation spirituelle des sœurs. Comme dit Ezéchiel : « La brebis perdue, je la chercherai ; … celle qui est malade, je lui rendrai des forces ; Celle qui est vigoureuse, je la garderai et la ferai paître selon le droit » (Ez 34,16). On dirait que c’étaient déjà des recommandations pour une mère générale ! Car il est vrai que dans une congrégation, il y a des sœurs de vigueur différente et de santé différente. Mais chacune garde sa valeur, quelle que soit sa condition physique ou psychique. De même dans les implantations et les communautés diverses, chaque sœur peut continuer à être missionnaire en fonction de ses forces ; chacune peut contribuer par sa prière à renforcer l’engagement des autres.


En ayant les yeux tournés vers le Seigneur Jésus, qui est notre bon pasteur, nous pouvons retrouver des forces nouvelles. Jésus nous dit qu’il est aussi la porte des brebis : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer, il pourra sortir, et trouver un pâturage » (Jn 10, 9). À travers Jésus, nous trouvons donc la force d’être missionnaires, d’entrer et de sortir du bercail pour témoigner de lui dans le monde. Car l’humanité a grand besoin de votre témoignage et de votre engagement. Que ce soit ici dans nos régions d’ancienne chrétienté, ou dans les pays en développement, partout il y a urgence pour que la voix de l’évangile soit entendue. La mondialisation que nous vivons nous incite à être missionnaires partout. Le déploiement des JMJ ces jours-ci le montre bien : les jeunes aiment à se retrouver en provenance du monde entier. Grâce à cette expérience, à leur retour, ils deviennent des missionnaires chez eux. Ainsi, je crois que vous les sœurs, vous pouvez trouver un nouveau dynamisme missionnaire partout dans le monde, grâce à la rencontre que vous avez eue et grâce au nouveau départ de votre conseil général et de votre supérieure générale. Comme dit encore Jésus : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cet enclos-ci ; celles-là aussi il faut que je les conduise » (Jn 10,16). Le Seigneur est donc attentif à ceux qui sont en-dehors de nos cercles et de nos réseaux et il nous invite à les contacter, à dialoguer avec eux et à les orienter dans leur vie. Je souhaite ainsi de tout cœur que votre congrégation garde le souci de chaque personne en ce monde, comme Jésus nous le demande. Qu’il vous protège toutes et chacune et qu’il vous bénisse ! Amen ! Alleluia !


+ Mgr Jean-Pierre Delville,


Votre évêque.



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