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Tous les éditos > Homélie Fête-Dieu du 28 mai 2016, Confirmations à Terwagne (29/05/2016)


Homélie Fête-Dieu


28 mai 2016


Terwagne, Confirmations


Jean-Pierre Delville, évêque de Liège


 


 


Chers Frères et Sœurs,


Chers Confirmands,


 


 


La confirmation d’aujourd’hui se situe le dimanche de la Fête du S. Sacrement du corps et du sang du Christ, qu’on appelle couramment la Fête-Dieu. C’est la fête qui rappelle l’institution de l’eucharistie par Jésus, c’est-à-dire le dernier repas de Jésus, pendant lequel il partagé le pain et le vin, comme son corps et son sang. C’est ce que nous avons entendu dans la 2e lecture (1 Co 11,23-26). Dans l’évangile, nous avons entendu le récit de la multiplication des pains. C’est une anticipation de l’eucharistie. Jésus partage les pains et les poissons à la foule de 5000 hommes rassemblée dans le désert (Luc 9,11-17), il a miséricorde de cette foule qui a faim et qui est dans la pauvreté. Cette miséricorde ne consiste pas en de purs sentiments, elle est encore moins un acte de magie. Jésus dit aux disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». La miséricorde est donc un passage à l’acte, un engagement. Mais les moyens manquent parfois ! Ainsi dans ce désert, Jésus et ses disciples n’avaient que 5 pains et 2 poissons : de pauvres moyens. Mais Jésus les a bénis, les a rompus et les a partagés. Et il y eut à manger pour tout le monde. La pauvreté partagée fait des miracles ; en partageant le peu qu’on a, on débouche sur des solutions inattendues. Jésus a béni cette pauvreté, c’est-à-dire qu’il l’a contemplée, l’a prise en considération, il ne s’en est pas moqué. Et ce 5+2 est devenu 7, chiffre de la perfection. On pourrait spéculer sur la symbolique des chiffres et évoquer ceci : 5, c’est le chiffre de la première alliance, ce sont les 5 livres de la Loi, le Pentateuque ; 2, c’est le chiffre de l’imperfection, de la division ; mais 5+2 donnent 7, le chiffre de la perfection, le chiffre des jours de la création. De la pauvreté de moyens, Jésus tire une nouvelle création.


De même, à la dernière cène (1 Cor 11,23-26), face à la souffrance et à la mort, Jésus partage le pain et le vin. Face à la pauvreté de sa vie, à l’échec apparent de sa mission, Jésus ne baisse pas les bras, il ne tombe pas dans la déprime, encore moins dans la fuite. Il partage le peu qu’il a, le pain et le vin, en disant qu’ils sont son corps et son sang. Ils représentent une vie fragile, une vie qui va être enlevée. Mais ils représentent en même temps un partage de cette vie : prenez et mangez-en, buvez-en tous : ceci est mon corps, ceci est mon sang, dit Jésus. C’est comme à la multiplication des pains : la pauvreté des moyens, quand elle est partagée, devient source de vie et de salut. Le corps et le sang du Christ, donnés en communion, nous associent à sa vie, à sa mort et à sa résurrection. Notre pauvreté est dépassée, nous sommes rassasiés, comme la foule au désert ; nous recevons une vie nouvelle, par notre communion à la pauvreté du Christ.


 


Encore aujourd’hui, on pourrait se moquer de l’eucharistie et dire : « Mais ce n’est qu’un bout de pain, que voulez-vous que cela fasse ? Pourquoi le vénérez-vous tellement ? » Et pourtant nous déployons toute une liturgie, toute une vénération et tout un faste, comme ce soir, pour ce bout de pain. Pourquoi ? Parce que c’est la pauvreté partagée par le Christ, et ce partage nous révèle sa divinité. Dieu est dans ce partage de la pauvreté et nous communique sa divinité.


 


C’est dans cette foi que vous allez être confirmés, vous les confirmands. Plusieurs d’entre vous m’ont écrit. Vous avez été engagés dans ce chemin grâce à des rencontres, en famille, avec des amis, des animateurs. « J’ai plus de confiance en moi et suis rapprochée de Dieu », écrit quelqu’un. « La confirmation n’est pas seulement confirmer sa foi en Dieu, c’est aussi une ouverture d’esprit ». Certains d’entre vous aimeraient maintenant accompagner les futurs confirmands. Cela correspond à ce que Jésus dit aux disciples : donnez-leur vous-mêmes à manger !


 


Frères et Sœurs, cette pauvreté partagée, cette communion, est un secret de vie. L’évangile de la multiplication des pains se termine par : « on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers ». Douze : le chiffre des tribus d’Israël, le chiffre des disciples, le symbole de l’Église. C’est dans la communion ecclésiale que la communion au Christ donne ses fruits. Nous allons participer à la confirmation des jeunes. Que notre Église de Liège, et même les confirmands de Terwagne soient ainsi un des douze paniers qui alimentent l’humanité !


 


Amen ! Alléluia !


 


+ Mgr Jean-Pierre Delville,


Votre évêque



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