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Tous les éditos > Intervention de Mgr Jean-Pierre Delville au Te Deum à la cathédrale de Liège (21/07/2017)


Intervention de Mgr Jean-Pierre Delville au Te Deum à la cathédrale de Liège - Fête nationale, 21 juillet 2017


Mesdames et Messieurs, en vos titres, grades et qualités,


Chers Frères et Sœurs chrétiens,


Chers Concitoyens,


 


Bienvenue à tous et à toutes ! L’an dernier à pareille date, nous étions tous sous le coup des attentats de Nice le 14 juillet 2016, suite à ceux de Bruxelles en mars et de Paris en novembre précédent. Que de chemin parcouru depuis lors pour juguler ce terrorisme ! Notre pays a accueilli un bon nombre de réfugiés et il doit en accueillir encore. Cet accueil contribue à la compréhension entre les nations dans le monde. L’accueil est une pierre que l’on pose pour bâtir la paix au niveau mondial. Si l’on observe une accalmie (toute relative) au niveau mondial, on assiste par contre à des turbulences dans notre pays, et spécialement dans notre région, avec les affaires de corruption ou de recherche d’intérêt privé au détriment de l’intérêt collectif. Comme l’ont écrit les évêques de Belgique le 26 mars 2017 dans leur lettre pastorale de Carême, intitulée Populorum communio ou La communion des peuples, « le pouvoir sert trop souvent à conserver la richesse ou à s’enrichir, par la corruption ». En réaction à ces événements, une recherche d’éthique publique se met en place. J’espère qu’elle pourra aboutir à créer une situation politique plus saine et qu’elle contribuera au bien commun de tous.


Une communion des peuples est non seulement utile pour la cohésion sociale dans notre pays et pour la paix dans le monde, mais elle est nécessaire pour une maîtrise des problèmes de l’environnement et du réchauffement climatique. Vous avez peut-être vu comme moi ces images diffusées à la TV cette semaine où l’on présentait des séquences de l’épreuve cycliste du Tour des Flandres prises il y a 25 ans et celles prises cette année au même endroit. Le Tour des Flandres a lieu en avril : il y a 25 ans la végétation le long du Tour était encore au repos ; aujourd’hui les arbres sont tout couverts de feuilles. Si l’on veut sauvegarder l’humanité des dérèglements climatiques et environnementaux, il faut pratiquer une écologie intégrale, comme l’a demandé le pape François dans son encyclique Laudato si’. Et un jour, ajoute le pape, il faudra pour cela bénéficier d’un gouvernement mondial, qui prendra en main les intérêts de toute l’humanité. Utopie ? Peut-être. Mais on peut commencer dès maintenant à faire des pas en avant. C’est pourquoi il faut travailler à une communion des peuples.


Un exemple concret, c’est la manifestation qui sera organisée sur la Place S.-Lambert par les Yezidis et les chrétiens syriaques, le jeudi 3 août à 11.15 h. Le 3 août est en effet la date où commença il y a trois ans le massacre des populations Yezidis et syriaques en Irak sur le Mont Sinjar et dans la plaine de Ninive. Une autre initiative qui nous réjouit est le fait que la Ville de Liège et l’Université de Liège organisent conjointement avec l’Unesco, la première Conférence mondiale des humanités, du 6 au 11 août prochain. Elle traitera de tous les sujets concernant les sciences humaines, en particulier les sciences sociales et environnementales, et réunira plus de 1800 conférenciers. Chacun peut y participer. C’est donc une initiative citoyenne de grande ampleur. À cette occasion, je recevrai ici dans la cathédrale le délégué apostolique du Saint-Siège à l’Unesco, l’archevêque Mgr Francesco Follo, qui présidera la messe du dimanche 6 août à 10 h. On le voit, il ne manque pas d’initiatives encourageantes autour de nous. Et je ne voudrais pas oublier dans ces réflexions la relance de l’Union européenne, grâce à nos deux grands voisins, la France et l’Allemagne, et ce malgré le Brexit. Comme l’expliquait il y a peu sur les ondes de RCF une professeur d’économie aux HEC, l’Europe n’est pas seulement un marché économique qui promeut le bien-être de ses propres populations, elle est aussi un facteur mondial d’équilibre économique grâce aux nombreux accords qu’elle a conclus avec différentes parties ou pays du monde. Voilà donc, Mesdames et Messieurs, bien des raisons qui, en cette fête nationale, nous poussent à espérer et à nous engager sur la voie de la paix entre les peuples et de la construction de notre société. C’est dans cette intention que nous prierons au cours de ce Te Deum.


+ Jean-Pierre Delville, Votre évêque.



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