«Heureux ceux qui voient de belles choses dans les endroits modestes où d’autres ne voient rien!»

Tel était le préambule de l’intervention de Marc Huynen de la Fondation Églises ouvertes lors du colloque organisé par cette fondation le 25 octobre 2012 à la Paix Dieu sur le thème «Comment valoriser son église?».

Un colloque positif sur l’avenir des églises en Wallonie

On ne peut envisager la restauration d’un lieu de culte sans qu’il y ait un projet concret pour faire vivre le bâtiment, pour faire en sorte qu’il soit facteur de cohésion sociale. Cela suppose la nécessaire ouverture des églises. Toutes les églises (classées ou non) sont reprises dans l’inventaire du patrimoine monumental de la Belgique- Wallonie (IPM) qui reprend plus ou moins 30.000 biens considérés comme d’intérêt patrimonial; cet inventaire sera progressivement remplacé par l’inventaire du patrimoine immobilier culturel (IPIC). La tendance de l’administration de la Division du Patrimoine va vers le maintien d’une protection pour tous les biens repris dans cet inventaire même s’ils ne sont pas classés; ainsi on pourrait envisager de faire bénéficier des subsides de la Maintenance des églises non classées (cf. Maintenance du patrimoine dans ÉdL 05/1998 et 05/2004). Pierre Paquet, inspecteur général de la DG04, tout comme Freddy Joris, administrateur général de l’Institut du Patrimoine wallon (IPW), constatent la difficulté pour les églises de recevoir une affectation autre, qui exclurait le culte. Cela tient autant à leur affectation cultuelle première qu’à leur architecture, constat déjà mis en avant lors du colloque de décembre 2011 consacré à l’avenir des bâtiments du culte classés en Région wallonne (cf. ÉdL 06/2012). Ils insistent sur la nécessité de conserver aux églises leur affectation comme lieu de culte, cela leur garantit une occupation et un entretien réguliers. Cependant des collaborations doivent être établies avec d’autres: associations, Commune, office du Tourisme, Province, IPW, en vue de favoriser l’ouverture à des activités culturelles (convention de cogestion, de mise à disposition, partenariat). Nos églises seraient ainsi réappropriées par la population – quelle que soit sa conviction philosophique. Elles rempliront alors leur mission de facteur de cohésion sociale.

 

Plus d’informations sur ce colloque: www.eglisesouvertes.be/ default.asp?structureID=168

Obligations à charge du propriétaire ou du gestionnaire de l’édifice du culte

Le propriétaire d’un bien classé a l’obligation légale de le gérer en bon père de famille, c’est-à-dire de l’entretenir et de le maintenir en bon état. Cette mission incombe aux fabriques d’église en tant qu’établissements publics chargés du temporel du culte. Un entretien régulier permet le plus souvent d’éviter au moins partiellement des travaux de restauration longs et coûteux. L’établissement d’une fiche d’état sanitaire est imposée par le Code wallon de l’Aménagement du Territoire de l’Urbanisme et de l’Énergie (CWATUPE, articles 211 et 212§1) aux propriétaires de bâtiments classés. Cette fiche doit être actualisée tous les 5 ans. L’établissement d’une telle fiche est également fortement recommandé aux propriétaires des édifices du culte non classés: en effet, la fiche d’état sanitaire permet d’avoir une vue d’ensemble sur les travaux à réaliser, d’en établir les priorités, d’anticiper le financement; elle sert de base aux discussions avec les pouvoirs subsidiants. (Aux fabriques soucieuses d’établir cette fiche d’état sanitaire, il est fortement recommandé de s’assurer du concours financier de la commune en cas d’insuffisance de moyens propres.) 

Conservation préventive des ornements liturgiques

 

À destination des fabriques d’église qui possèdent textiles, ornements liturgiques, bannières (patrimoine particulièrement sensible aux variations climatiques et aux mauvaises manipulations), l’atelier des textiles de l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA) propose un module gratuit d’information, sous forme d’une journée de 10h à 15h30, à organiser sur le terrain. Programme type: session théorique (10h - 12h); lunch (12h - 13h30) et session pratique dans l’église (13h30 - 15h30). Le nombre de personnes sera limité à 16 avec priorité aux personnes amenées à manipuler régulièrement des ornements liturgiques.

Contact IRPA: Madame Fanny Van Cleven: fanny.vancleven@kikirpa.be

N’hésitez pas à contacter votre doyen et/ou d’autres fabriques pour organiser à plusieurs cette formation très intéressante!

Informations complémentaires: www.diocesedeliege.be/fabriques.