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La joie de la conversion


Conférence donnée à Lourdes par Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, le 17 août 2014


Conversion ! Un thème qui nous interpelle[1]. Souvent on entend derrière ce mot l’idée de changement de religion : certains se convertissent au christianisme, d’autres à l’islam,… Mais en fait la conversion c’est d’abord une démarche fondamentale de l’individu au sein de sa religion. En hébreu le mot se dit « techouva », ce qui signifie « le retour » ; en grec, c’est métanoia, qui veut dire « changement de mentalité » ; en latin, on dit « conversio », c’est-à-dire changement d’orientation ; en allemand, c’est la même image qu’on trouve dans le mot « Bekehrung ». Dans tous les cas, le mot évoque un changement de vie.


Abordons notre thème, la joie de la conversion, sous quatre aspects : d’abord d’un point de vue psychologique, ensuite du point de vue biblique, puis du point de vue de l’histoire de l’Église, et enfin du point de vue de notre actualité.


 


1. La conversion de base : approche psychologique


Chacun est amené à se convertir. Cela commence par le petit enfant. Celui-ci en effet commence par être lié à sa mère demanière fusionnelle. Il a besoin d’elle et d’être nourri à son sein. Dès qu’il a besoin, il pleure, jusqu’à obtenir satisfaction. Petit à petit, la maman doit convaincre l’enfant d’attendre avant d’être servi ; il doit donc aussi petit à petit comprendre le besoin de sa mère. Pour arriver à cela, il fautparler à l’enfant. Par la parole, l’enfant va comprendre progressivement qu’il doit entrer dans le désir de sa mère ; il va ainsi sortir de son égocentrisme et entreren relation avec sa mère. La parole, c’est aussi le rôle du père ; en utilisant la parole, il établit une relation avec l’enfant. Celui-ci peut ainsi grandir et se développer. C’est sa première conversion. C’est par la parole et la mémoire de cette parole que l’enfant apprend à reporter à plus tard son besoin de satisfaction immédiate et à tenir compte des autres. C’est en se rappelant que maman doit terminer un petit boulot avant de préparer le biberon que l’enfant apprend à tenir compte des besoins de maman et pas de ses seuls besoins ; c’est ainsi qu’il apprend à « différer ses désirs »,  à aimer : grâce à la parole et à la mémoire. De même nous savons que nous sommes portés par un projet d’amour, et nous apprenons à ne pas être esclaves de nos sentiments et de nos désirs de satisfaction immédiate, mais nous les replaçons dans le grand projet de Dieu sur toute l’humanité, et nous y trouvons notre place. C’est notre conversion de base, comme petit enfant. Nous endurons une privation, un renoncement. Mais nous réalisons aussi une unification de notre personne, par un décentrement de nous-mêmes et une ouverture vers les autres. La conversion nous fait passer du rêve à sa réalisation. Le rêve nous permet de profiler un horizon sur notre vie ; mais pour appliquer le rêve, il faut passer par la conversion, le transfert dans la réalité, avec un renoncement, mais avec une application concrète.


 


2. La conversion selon la Bible


Dans la foi chrétienne, la conversion est aussi à la base de la démarche religieuse et du développement de la personne. Chaque fois la conversion est précédée d’une parole qui interpelle, ainsi dès l’Ancien Testament, on découvre un personnage de référence, Abraham, le père des croyants. Dieu lui adresse la parole et lui dit : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai ; je ferai de toi une grande nation » (Gn 12,1). Abraham a eu foi en Dieu, alors qu’il n’avait pas d’enfant. Quand il enfanta Ismaël, puis Isaac, Dieu changea son nom d’Abram en « Abraham », c’est-à-dire « père d’une multitude » (Gn 17,5). Le changement de nom est le signe de la conversion d’Abraham, du renoncement à son projet de vie personnel, pour entrer dans le grand projet de Dieu.


Moïse aussi a vécu une conversion : c’est l’épisode du buisson ardent. Dieu s’y révèle à Moïse, qui était berger, et lui dit : « Va, je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël »(Ex 3,10). Moïse doit changer de vie, mais il a peur que le peuple ne l’écoute pas. Alors il demande à Dieu qui il est. Dieu lui répond : « Je suis celui qui suis » (Ex 3,14). Par ce nom mystérieux, Dieu fait voir son universalité, sa force de vie et de salut. Il n’est plus le Dieu d’un seul peuple, mais un Dieu universel. C’est ce qui se confirmera au Sinaï quand Dieu, dans la tempête et le tonnerre, transmettra à Moïse, le Décalogue, les dix paroles de vie, les dix commandements (Ex 20). Ainsi avec Moïse Dieu révèle les lois de base de l’humanité. Cela demande donc à chacun une conversion, pour entrer dans cet esprit de Dieu, au service de toute l’humanité.


Pensons aussi au prophète Élie : après avoir triomphé des prophètes de Baal, il monte à l’Horeb, autre nom du Sinaï, pour y rencontrer Dieu comme Moïse autrefois. Mais malgré la tempête et le tonnerre, Élie ne rencontre pas Dieu. Finalement, il l’entend dans « le murmure d’une brise légère »(1 Rois 19, 11). Élie a dû se convertir de sa vision héroïque de Dieu pour entrer dans une vision d’un Dieu discret, qui parle dans l’humilité.


Si l’on pense aux prophètes comme Isaïe, on se rappellera qu’ils demandent constamment au peuple d’Israël de se convertir, et de ne pas se contenter de sacrifices rituels, où l’on immole pour Dieu une bête du troupeau ; mais que l’on fasse plutôt des sacrifices spirituels, c’est-à-dire que l’on adopte des attitudes de solidarité et de justice (Isaïe 1,11). De même, le prophète Jérémie demande que l’on ne se contente pas de la circoncision de la chair, mais que l’on recherche la circoncision du cœur (Jérémie 4,4), c’est-à-dire que l’on vive une conversion du cœur, qui peut être douloureuse au départ, mais porteuse d’avenir dans la relation à Dieu.


Dans le Nouveau Testament, nous découvrons que le premier personnage d’importance  qui apparaît est la Vierge Marie. On  peut dire qu’elle a vécu une conversion décisive. Elle qui avait un projet de vie habituel, c’est-à-dire une vie de couple et un projet de famille avec Joseph, s’entend annoncer par l’ange Gabriel qu’elle va avoir un enfant, qui sera fils de Dieu et héritier de David (Lc 1,32). Marie est bouleversée par cette parole et dit : « Comment cela se fera-t-il puisque je suis vierge ? » Mais elle accepte l’action de l’Esprit de Dieu en elle. Elle vit un changement intérieur, qui l’entraînera vers de nombreux renoncements et de nombreuses souffrances. Mais ce choix lui donne aussi la joie : « Mon âme exalte le Seigneur ! » Le Magnificat de Marie, c’est le cri de joie de son oui, de sa conversion, suite à l’appel de Dieu. 


Puis apparaît Jean Baptiste. Son message est : « Convertissez-vous car le Royaume de Dieu est tout proche » (Mt 3,2). Il suggère des pistes concrètes de conversion : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même » (Lc 3,11). Jean Baptistedonne un baptême de conversion auquel participent de nombreuses personnes, dont Jésus lui-même. Deux disciples de Jésus, André et Jean, étaient d’abord disciples du Baptiste (Jn 1,40). Jésus lui-même, en se faisant baptiser, montre l’importance de la démarche de conversion ; et par le baptême, il découvre sa mission, par la voix du Père qui dit : « Toi, tu es mon fils bien aimé ! En toi je trouve ma joie » (Lc 3,22).


Dans ses prises de parole, Jésus souligne la valeur de la conversion. Un exemple célèbre est la parabole du Fils prodigue(Lc 15,11-32)[2]. Le fils a un rêve pour sa vie, il quitte son père, il cherche sa vie ; mais il se heurte à une réalité implacable ; alors, il se dit : « Je me lèverai, j’irai vers mon Père » et il retourne ; c’est la conversion. Mais on pourrait aussi parler de conversion du Père, puisque celui-ci, renonçant à tout reproche, fut saisi de compassion. Cette attitude du Père va entraîner la conversion totale du fils ; c’est la grâce de Dieu qui développe notre propre conversion. Par rapport au désir de tout avoir, le fils de la parabole a vécu un renoncement ; mais il a trouvé mieux : il a trouvé l’amour gratuit du Père.


Dans la parabole qui précède, l’évangéliste Luc raconte l’histoire de la brebis perdue : « il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Lc 15,7) : c’est ici encore la sollicitude du berger qui entraîne le retour de la personne qui est perdue : la grâce de Dieu nous précède et nous entraîne à une vie nouvelle, en relation avec lui et avec les autres.


Si l’on pense aux Béatitudes prononcées par Jésus, on comprend qu’elles n’ont de sens que si on les vit au concret, dans la conversion : « Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous ! » Pour prononcer une telle phrase, il faut déjà l’avoir mise en pratique. C’est le cas de Jésus : il guérit les malades, il accueille les pauvres. Si nous redisons la phrase aujourd’hui, si cette phrase devient parole pour nous aujourd’hui elle entraîne une conversion, une compassion avec les souffrants, une conversion du cœur.


Pensons enfin à l’apôtre Paul : il a vécu une conversion célèbre sur le chemin de Damas ; il l’a racontée plusieurs fois (Ac 9,1-19 ; 22,4-21 ; 26,9-18 ; Ga 1,15-16). Il découvre son aveuglement quand il persécutait les chrétiens ; il voit une grande lumière et entend Jésus qui lui parle et lui dit : « Pourquoi me persécutes-tu ? » C’est un appel à la conversion ! Paul tombe à terre, il se relève et se laisse conduire par ses compagnons ; il se fait instruire par Ananie ; sa vie a changé. Du fanatisme dans la persécution, il va passer à la passion pour l’annonce de l’évangile du Christ.Il vit cet événement comme un don de la grâce de Dieu.


 


3. La conversion dans l’histoire Église


Dans l’histoire de l’Église, nous découvrons de nombreux témoignages d’expériences de conversion. C’est le cas de Bernadette, ici à Lourdes[3]. Bernadette voit « cela », « aqueró », comme elle dit, sans savoir ce que c’est. L’image est celle d’une jeune femme qui lui parle. Elle reçoit donc un don de vision, qui modifie toute sa vie.L’apparition lui donne une personnalité plus ferme. Elle lui procure au moment même une grande joie intérieure, mais aussi des sentiments de tristesse en lien avec les souffrances des gens. Elle doit prier pour les pécheurs et s’ouvrir à toute l’humanité.


Une des conversions les plus célèbres est celle de saint Martin (316-397)[4]. Âgé de 18 ans, jeune soldat romain caserné à Amiens, il rencontre durant l’hiver à la porte de la ville un pauvre qui demande de l’aide. Sulpice Sévère, son biographe nous raconte[5]: 


C'est ainsi qu'un jour où Martin n'avait sur lui que ses armes et un simple manteau de soldat, au milieu d'un hiver qui sévissait plus rigoureusement que de coutume, à tel point que bien des gens succombaient à la violence du gel, il rencontre à la porte de la cité d'Amiens un pauvre nu: ce misérable, avait beau supplier les passants d'avoir pitié de sa misère, ils passaient tous leur chemin. L'homme rempli de Dieu comprit donc que ce pauvre lui était réservé, puisque les autres ne lui accordaient aucune pitié.


Mais que faire ? Il n'avait rien, que la chlamyde dont il était habillé : il avait en effet déjà sacrifié tout le reste pour une bonne œuvre semblable. Aussi, saisissant l'arme qu'il portait à la ceinture, il partage sa chlamyde en deux, en donne un morceau au pauvre et se rhabille avec le reste. Sur ces entrefaites, quelques-uns des assistants se mirent à rire, car on lui trouvait piètre allure avec son habit mutilé. Mais beaucoup, qui raisonnaient plus sainement, regrettèrent très profondément de n'avoir rien fait de tel, alors que justement, plus riches que lui, ils auraient pu habiller le pauvre sans se réduire eux-mêmes à la nudité.


Donc, la nuit suivante, quand il se fut abandonné au sommeil, il vit le Christ vêtu de la moitié de la chlamyde dont il avait couvert le pauvre. Il est invité à considérer très attentivement le Seigneur, et à reconnaître le vêtement qu'il avait donné. Puis il entend Jésus dire d'une voix éclatante à la foule des anges qui se tiennent autour d'eux: "Martin, qui n'est encore que catéchumène, m'a couvert de ce vêtement".


En vérité, le Seigneur se souvenait de ses paroles, lui qui avait proclamé jadis: "Chaque fois que vous avez fait quelque chose pour l'un de ces tout-petits, c'est pour moi que vous l'avez fait", quand il déclara avoir été vêtu en la personne de ce pauvre. Et pour confirmer son témoignage en faveur d'une si bonne œuvre,  il daigna se faire voir dans le même habit que le pauvre avait reçu.   


Le rêve qui suit ce geste en donne l'interprétation et en souligne la portée. Le manteau partagé devient le signe de l’alliance de Martin avec le Christ. Celui-ci désormais portera toujours le demi-manteau de Martin sur les épaules ; et le demi-manteau que Martin garde sera un souvenir perpétuel de sa rencontre avec le Christ. Durant toute sa vie, Martin sera constamment pris de compassion pour ceux qui souffrent et ceux qui sont pauvres, c'est en eux qu'il rencontre le Christ. C'est cela le contenu de sa foi, qui résulte de sa conversion; et  c'est pourquoi il se fait alors baptiser.


Pensons aussi à saint François d’Assise (1181-1226)[6].C’était un jeune homme de famille riche, qui rêvait de victoires à la guerre. Mais il fut fait prisonnier et revint à la maison après plusieurs mois de prison. Il cherche une autre voie pour sa vie. Un jour, il entre dans la chapelle de Saint-Damien près d’Assise et y contemple le crucifix. Soudain il entend une voix qui sort de la peinture et qui lui dit : François, reconstruis mon Église. Il comprend d’abord cela à la lettre et se met à restaurer la chapelle de S.-Damien. Puis il comprend qu’il s’agit de l’Église universelle. Alors François se met en route et il prie dans des ermitages. Un jour il rencontre un lépreux sur le chemin. Il se penche sur lui et l’embrasse. Il se met alors au service des lépreux. Des compagnons se joignent à lui. Ainsi commence l’aventure franciscaine. On le voit, François a vécu une conversion intérieure profonde. Chez lui aussi les rêves de grandeur militaire se sont transformés en une communauté d’amour et de prière. La vie de François débouchesur le Cantique des créatures, une prière pleine de joie, composée cependant dans un moment de maladie et de souffrance. On connaît le début :


« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour toutes tes créatures,
spécialement pour Frère Soleil,
Qui apporte le jour et à travers qui Tu nous donnes la lumière. »


C’est l’illustration de la joie de la conversion !


 


4. La conversion dans l’Église aujourd’hui


Chacun de nous a son histoire sacrée. Chacun a vécu dans sa vie des moments de conversion. Rappelons-nous ces moments et actualisons-les !


Personnellement, quand je pense à mon cheminement personnel, je me dis que j’ai vécu trois moments de conversion[7]. La première, c’est lorsque je me posais la question de mon avenir et ressentais l’appel du Seigneur à devenir prêtre. J’ai beaucoup hésité. Finalement, en priant devant la statue de la Vierge Marie, dans mon village, j’ai ressenti que je devais répondre à l’appel. J’ai vécu alors ma première année de séminaire dans une grande joie. Cela confirmait ma vocation. Plus tard, quand j’étudiais la théologie à Rome, j’hésitais de nouveau et trouvais que j’avais une vie trop bourgeoise. Je sentais le besoin d’être plus proche des pauvres et plus inséré dans la société. J’ai trouvé alors la Communauté de S. Egidio, qui est engagée dans l’amitié avec les pauvres et dans le service de la paix. J’ai découvert ainsi comment l’évangile était vraiment source de joie et de libération pour tous. Ma troisième conversion est un peu une conversion « forcée » : c’est celle que j’ai vécue en devenant évêque. Il s’agit de changer de vie, changer de point-de-vue et se mettre au service de toute l’Église diocésaine. Dans tous ces cas, j’ai vécu la conversion comme une grâce non méritée, comme un renoncement et comme une source de joie.


Le pape François nous engage aussi dans cette voie, dans son Exhortation apostolique Evangelii gaudium, la joie de l’évangile[8]. Il nous demande d’être une Église de la sortie, une Église tournée vers l’extérieur, vers l’autre ; il parle du « dynamisme de la “sortie” que Dieu veut provoquer chez les croyants » (§20). Il définit l’Église en sortie comme « la communauté des disciples missionnaires, qui prennent l’initiative, qui s’impliquent, qui accompagnent, qui fructifient et qui fêtent ».La conversion que propose le pape François est une conversion qui a une portée sociale et communautaire : il nous invite à dire « non » à certaines situations injustes : « Non à une économie de l’exclusion » (§53), « Non à la nouvelle idolâtrie de l’argent » (§55), « Non à l’argent qui gouverne au lieu de servir » (§57), « Non à l’inégalité sociale qui engendre la violence » (§59).Il faut aller ainsi aux « périphéries humaines » (§46), selon ce mot qu’affectionne le pape ; il faut savoir que les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’évangélisation. À l’intérieur de l’Église, le pape invite à vivre la joie de la conversion et non le défaitisme : « la psychologie de la tombe transforme peu à peu les chrétiens en momies de musée » (§83). Et il ajoute de manière incisive: « une des plus sérieuses tentations est le sens de l’échec, qui nous transforme en pessimistes mécontents et déçus, au visage assombri » (§85).La conversion ecclésiale est aussi le rôle attribué aux femmes : « Je vois avec joie combien de nombreuses femmes partagent des responsabilités pastorales avec des prêtres. Mais il faut encore plus élargir les espaces pour une présence féminine plus incisive dans l’Église ».Deux grandes pistes de conversion sont les suivantes d’après le pape : l’intégration sociale des pauvres et la recherche de la paix et du dialogue social. Concernant la recherche de la paix, le pape lie celle-ci à la justice : « Une paix qui n’est pas le fruit du développement intégral de tous n’aura pas d’avenir et sera toujours semence de nouveaux conflits et de nouvelles formes de violence ». 


On peut aussi vivre la conversion à travers les sacrements de baptême et de réconciliation. Dans tous les cas, on répond à la main tendue de Dieu, on vit un renoncement et on découvre la joie. On peut aussi vivre la conversion au quotidien à travers la parole d’un autre, qui nous écoute et nous conseille.


Chacun de nous est donc appelé à vivre personnellement son chemin de conversion. Nous pouvons le vivre dans la fidélité, ici à Lourdes. Nous y vivons plus spécialement la grâce de la présence de Dieu et de la rencontre ; en nous mettant à son écoute, en faisant nos choix, en acceptant des renoncements, nous vivons la joie de la conversion.





[1] J’ajoute en note quelques références bibliograhiques d’articles où j’ai développé davantage le sujet concerné.




[2]J.-P. Delville, La parabole du fils prodigue au xvie siècle : Érasme, Menot, Calvin, dans Graphè 18 (2009), p. 85-104.




[3]J.-P. Delville, Bernadette Soubirous et les apparitions de Lourdes (1858) : l’histoire nourrit notre aujourd’hui, dans Vies consacrées, 2010, p. 163-176.




[4]J.-P. Delville, Martin de Tours au regard de l’histoire, dans Martin de Tours, Du légionnaire au saint Évêque, Edition Basilique Saint-Martin et MARAM, Liège, 1994, p. 21-55.




[5]Sulpice Sévère, Vita Martini, éditée par Jacques Fontaine (Sources chrétiennes, 133), Paris, 1967, § 3,1-4.




[6]J.-P. Delville, L’émergence de la compassion dans le regard sur la Passion au moyen âge. Franciscanisme et mentalité populaire, dans YelenaMatusevitch (éd.), Saluting Aron Gurevich: Essays in History, Literature and Related Subjects, Leiden-Boston, 2010, p. 191-226.




[7]Communiquer l’évangile. Interview de Mgr Jean-Pierre Delville, dans Bonnes nouvelles pour un renouveau de vie chrétienne, 213 (janvier-février 2014), Bruxelles, p. 4-7.




[8]J.-P. Delville, Introduction, dans Pape François, La joie de l’évangile, Fidélité, 2013, p. 5-18.


 





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