Notre évêque nous parle

Tous les éditos > Inauguration des vitraux à la cathédrale (06/09/2013)


Beauté, modernité, spiritualité


C’est une joie pour moi de participer à l’inauguration de ces vitraux !


J’ai eu le coup de cœur pour leur auteur, le P. Kim En Joong à Louvain-la-Neuve.


Il fait chanter la lumière.


Ce soir, se réalisent trois rencontres :


Le pauvre et le riche, l’ancien et le moderne, le sacré et le profane.


Le pauvre et le riche


Grâce à la cathédrale, ouverte à tous, le beau, spécialement le vitrail, est accessible au pauvre qui entre dans l’église, - que ce soit le pauvre au niveau matériel ou le pauvre au niveau spirituel, au désespéré, à celui qui est en recherche, en attente d’un mieux pour sa vie.


Le riche a offert le vitrail, l’a conçu et l’a programmé.


Le pauvre l’admire et s’émerveille !


Contrairement au château ou au musée, chaque église met gratuitement à la disposition de tous, du pauvre comme du riche, la beauté de sa construction et de sa décoration.


L’ancien et le moderne


Le contraste entre le moderne et l’ancien passe bien par le média vitrail.


Peut-être parce qu’il y a une technique commune à l’ancien et au moderne : un vitrail reste toujours un vitrail, un bain de lumière. Mais il y a des esthétiques différentes entre le vitrail ancien et le vitrail moderne. On sent bien qu’il est impossible de faire du « faux vieux » dans les vitraux. On sent que la liberté de l’artiste peut s’exprimer. Il fait du neuf, dans un cadre ancien.


Le sacré et le profane


L’aspect abstrait du vitrail, son côté profane, débouche cependant sur la prière, qui en est le côté sacré. C’est comme en musique instrumentale, où il n’y a pas de parole ni de texte religieux. Cependant, les notes musicales conduisent à la contemplation. Ainsi une fugue jouée à l’orgue, sans parole, fournit un thème répété sous différentes formes, rythmé régulièrement ; cela porte à la méditation ; pas une méditation statique, mais une méditation narrative, où la pensée vient, revient, se transforme et s’approfondit. De même ici les motifs colorés se reproduisent mais en étant variés et transformés, comme pour former un discours. Quand à la fin d’une fugue, l’accord final retentit, on a l’impression que le parcours de la méditation aboutit à la contemplation, puis au silence. De même dans le vitrail, quand on a vu chaque partie séparément, on regarde le tout globalement et on est envahi par la lumière. La narration des détails débouche sur la contemplation.


Dans le monde actuel, le stress quotidien demande d’être guéri par la spiritualité et la contemplation, par l’arrêt et le silence, non pas sur un vide, mais sur une médiation meublée et éclairée.


Qu’on soit croyant ou incroyant, on sera ébloui !


Merci  Père Kim !


 + Jean-Pierre Delville



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